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Madame Rhinocéros

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Les surprises de la vie...

Articles avec #10ans avec tolstoi catégorie

Publié le par alexandra ibanès
Publié dans : #10ans avec Tolstoï, #Passion Tolstoï, #éditions du jais
LES AMIS DE LEON TOLSTOI

Hier, nous avons reçu le bulletin de l'année 2016 de l'association des amis de Léon Tolstoï fondée en 1977 par le docteur Serge Tolstoï , petit-fils de l'écrivain, à l'occasion du 150 anniversaire de sa naissance.

L'Assemblée générale  s'est ouverte le 3 mai 2016 au Centre Malesherbes de l'Université de Paris- Sorbonne, sous la présidence de Madame Colette Tolstoï.

Rapport d'activité:

"L'année a été marquée d'abord , le 12 mai 2015, par la présentation du livre de Victor Lebrun, 10 ans avec Tolstoï, par M; Jacques Ibanès, chanteur, guitariste, compositeur et poète, qui a recueilli ce texte des mains de l'auteur, peu de temps avant sa mort, en 1978, au village du Puy Sainte-Réparade, près d'Aix. Au chapitre "Petite Bibliothèque tostoïenne" de notre n° 34 (juin 2015), on trouvera un résumé de ce livre et quelques mots sur son auteur, jeune tolstoïen enthousiaste, qui a rendu visite o Tolstoï et lui a servi de secrétaire bénévole peu de temps avant sa mort."

LES AMIS DE LEON TOLSTOI

Petite bibliothèque tolstoïenne

Victor Lebrun , Passion Tolstoï, les éditions du jais, Vinassan 2016, 185 p.

Chanteur, guitariste, poète et compositeur, Jacques Ibanès est venu le 12 mai 2015, présenter aux "amis de Tolstoï" le personnage à demi oublié de Victor Lebrun, l'un des plus anciens témoins de la personnalité de Tolstoï, dont , étudiant converti au tolstoïsme, il est allé faire la connaissance  à Iasnaïa Poliana, et auquel il avait même servi de secrétaire particulier pendant plusieurs mois , entre 1906 et 1908.

Après cette conférence très vivante, nous avions rendu compte dans le bulletin n°34, de sa publication des souvenirs de cet homme (décédé en 1979), qui, après avoir passé son enfance en Russie, était revenu en France en 1926 pour s'installer dans un village du midi comme apiculteur et espérantiste.

C'est à ce personnage pittoresque que Jacques Ibanès vient de consacrer un important recueil qui après quelques articles évoquant l'oeuvre et la personnalité de Tolstoï fait surtout revivre , à travers de multiples témoignages, le destin, la figure originale et la personnalité singulière de l'un des derniers témoins de l'existence du grand écrivain, et qui ne serait-ce qu'à ce titre, mérite de passer à la postérité par cet hommage posthume.

LES AMIS DE LEON TOLSTOI
LES AMIS DE LEON TOLSTOI

Vous pouvez retrouver toute notre aventure tolstoïenne dans les rubriques de ce blog : 10 ans avec Tolstoï (de nombreuses anecdotes, des photos inédites), Passion Tolstoï et la presse (avec des articles de Libération, L'express, Nouvel Obs, Le Point, Le Figaro...).

Voici quelques photos souvenirs chez les amis de Tolstoï en mai 2015

La Comtesse Colette Tolstoï et Jacques Ibanès.

La Comtesse Colette Tolstoï et Jacques Ibanès.

LES AMIS DE LEON TOLSTOI
Lecture de l'arrivée de Victor Lebrun à Iasnaï Poliana par Tristan le plus jeune lecteur de la Sorbonne à ce jour.

Lecture de l'arrivée de Victor Lebrun à Iasnaï Poliana par Tristan le plus jeune lecteur de la Sorbonne à ce jour.

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Passion Tolstoï, #10ans avec Tolstoï, #Presse
Lebrun, le député maire (et J. Ibanès) et la médiathèque
Lebrun, le député maire (et J. Ibanès) et la médiathèque

C'était le 18 mars au Puy-Sainte-Réparade en Provence.

A 18h, il y a eu le dévoilement de la plaque commémorative Victor Lebrun au futur emplacement de la Médiathèque suivi d'un vin d'honneur.
A 19h, Jacques Ibanès a donné une conférence "Victor Lebrun, sur les traces de l'ancien secrétaire de Tolstoï..." au cinéma La Cigale.

Début de la conférence de Jacques Ibanès:

"Je n’ai pas oublié le jour où je suis arrivé dans ce village qui ne comptait que 500 habitants, c’était en été, quelques mois avant mes 6 ans.

Je n’ai pas oublié l’école des garçons qui était séparée, hélas, de l’école des filles.

Je n’ai pas oublié Simone Blanc ma maîtresse d’école qui m’apprit à écrire et Louis Blanc son mari qui me fit aimer les livres.

Je n’ai pas oublié qu’en pleine classe monsieur Blanc nous demandait d’écouter le silence : alors on entendait le tintement du marteau sur l’enclume du maréchal-ferrand, le tambour de monsieur Rose le crieur public qui annonçait le passage d’un marchand itinérant sur la place, le sabot des chevaux, le gazouillis des oiseaux et le mugissement du mistral.

Je n’ai pas oublié l’abbé Girard que je servis comme enfant de cœur de nombreuses années. C’est lui qui me fit aimer la Provence lors d’une sortie à St Rémy, avec un crochet par les Baux. Ce jour-là, il nous lut des passage de Mireille en provençal et nous apprit le nom de Dante.

Je n’ai pas oublié Louis Philibert notre maire, que j’embrassais au milieu de la rue quand je le croisais, comme tous les gamins de mon âge.

Je n’ai pas oublié le Collet blanc et le bout de mur de la Quille que j’étais toujours heureux d’apercevoir au loin en rentrant de vacances.

Je n’ai pas oublié le cinéma la Cigale où il y avait des chaises en bois et c’est là que j’ai embrassé la main de ma première fiancée Maryse quand j’avais neuf ans.

Je n’ai pas oublié mes camarades de classe, dont plusieurs, hélas, ont déjà pris le large.

Ce village du Puy, je l’ai quitté définitivement quand j’ai eu 19 ans, et je l’ai porté en moi partout où je suis allé. Aussi vous comprendrez l’émotion que je ressens ce soir, dans cette salle où je venais comme tous les Puychéens, chaque dimanche, car l’écran était à cette époque la seule fenêtre à images à notre disposition."

Toute cette aventure a commencé avec la publication de 10 ans avec Tolstoï (Ed. Cherche midi) suivie de Passion Tolstoï (Ed. du jais)

Jacques Ibanès remercie la municipalité du Puy-Sainte-Réparade ainsi que l'association La Salluvienne pour leur accueil magistral.

Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Au cinéma "La cigale" présentation de la conférence de Jacques Ibanès.

Au cinéma "La cigale" présentation de la conférence de Jacques Ibanès.

AVec la participation de Sylvaine Le Magadure.

AVec la participation de Sylvaine Le Magadure.

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Passion Tolstoï, #10ans avec Tolstoï
Victor Lebrun - Passion Tolstoï

Le livre est enfin disponible.

Au Puy Ste Réparade, l'association La Salluvienne en partenariat avec la Municipalité, vous propose de revenir sur les traces de Victor Lebrun, ancien secrétaire de Tolstoï.

Vendredi 18 mars

A 18h, dévoilement de la plaque commémorative Victor Lebrun au futur emplacement de la Médiathèque.
A 19h, conférence de Jacques Ibanès "Victor Lebrun, sur les traces de l'ancien secrétaire de Tolstoï..." au cinéma La Cigale.

Du samedi 19 au vendredi 25 mars, la Salluvienne remonte le temps et vous propose de découvrir son exposition dédiée à Victor Lebrun dans la salle du Conseil municipal de 10h à 12h et de 16h à 18h.

Entrée libre.

Le livre est aussi actuellement en cours d'acheminement, à la demande du musée Tolstoï, vers Moscou. Il y sera lu et archivé.

Du Puy Ste Réparade (coll. particulière)

Du Puy Ste Réparade (coll. particulière)

Au musée Tolstoï de Moscou (coll. Musée Tolstoï)

Au musée Tolstoï de Moscou (coll. Musée Tolstoï)

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #éditions du jais, #10ans avec Tolstoï, #Passion Tolstoï
Victor Lebrun - Passion Tolstoï : Genèse d'un livre

"L'humilité est la marque des grands" Aragon

Il y a tout juste un an, sortait 10 ans avec Tolstoï de Victor Lebrun au cherche midi, dans une édition établie par Jacques Ibanès. La presse nationale fut très élogieuse et nous ne nous doutions pas que nous aurions autant de réactions et de témoignages suite à cette publication. De nombreux appels téléphoniques , des courriels furent notre quotidien et une aventure extraordinaire se mit en marche. Mais qui était ce Victor Lebrun? Il fallait mener une enquête...

L'histoire de ce nouveau livre est assez surprenante, chaque témoignage dévoile un Victor Lebrun sous les traits d'un personnage tolstoïen à multiples facettes. Certains auteurs de PASSION TOLSTOÏ ne s'étaient jamais rencontrés tandis que d'autres par contre se sont retrouvés près d'un demi-siècle plus tard avec une très vive émotion.

PASSION TOLSTOÏ reste une véritable investigation menée par des passionnés et des amoureux de Tolstoï et de Lebrun. L'enquête nous transporte du village provençal du Puy Ste Réparade, où vivait le vieux sage, aux confins de la Russie...On y découvre Lebrun précurseur de l'écologie, Lebrun espérantiste, Lebrun disciple ( au sens noble du terme) de Tolstoï, Lebrun homme à tiroirs, homme à mystères, humaniste.

De fil en aiguille, pendant un an, chaque jour nous avons découvert un grand Monsieur qui nous a fait vivre dans l'univers de Tolstoï et nous avons été émus, heureux, allant de surprises en surprises. Ce fut un véritable bonheur de découvrir un personnage hors du commun qui s'adaptait de façon très naturelle à chaque interlocuteur pour mieux aimer ses frères les hommes ...

L'histoire se poursuit et donnera sans doute lieu à une nouvelle publication (C'est une surprise!).

Les éditions du jais remercient tous les participants de ce recueil collectif, chacun a retrouvé son cœur d'enfant pour une enquête qui a rendu grâce à l'humilité et à l'humanisme d'un homme discret que personne n'a oublié.

Le livre sera disponible à la mi-février.

Ont participé à ce recueil:

Rose Lafoy qui a enseigné le russe à la Faculté de Lettres d'Aix- en-Provence et le français à l'Institut des Langues Etrangères de Moscou. Elle a collaboré à l'éditions des Œuvres de Gorki dans la bibliothèque de la Pléiade Gallimard avec sa traduction de La Mère.

Marcel Bourrelly et Sylvaine Le Magadure. Agé aujourd'hui de 102 ans, Marcel Bourrelly fut probablement le témoin le plus proche de Victor Lebrun. Menuisier, modeleur sur bois, charpentier, ébéniste, espérantiste, autodidacte aimant s'entourer de gens originaux, il est interrogé par sa fille Sylvaine Le Magadure également espérantiste dans des entretiens croisés.

Joël Gautier est natif du Puy, il possède une grande connaissance de son terroir et participe activement aux activités de l'association la Salluvienne qui a publié plusieurs de ses études historiques.

Annabelle Ibghi Bajolet est présidente de l'association La Salluvienne au Puy-Ste- Réparade. Après de nombreuses enquêtes, elle a réalisé avec les membres de l'association une exposition en hommage à cette figure historique et attachante qu'est Victor Lebrun.

Guy Imart est professeur de russe à l'Université de Provence, il s'est intéressé au parcours de Lebrun dans la périphérie de l'empire russe: Turkestan, Extrême Orient, Caucase.

Sylvie Baranger a rencontré elle aussi Victor Lebrun de nombreuses fois, elle a enseigné le russe à Perpignan. Elle a effectué de nombreux voyages en Russie et à Iasnaïa Poliana en particulier avec ses élèves. Tolstoï l'accompagne dans la vie et les idées de non-violence lui sont chères depuis toujours.

Renée Triolle a enseigné le russe. Elle est vice présidente de l'association Uiversala Esperanto-Asocio qu'elle représente à L'UNESCO. Elle a publié notamment Espéranto Express ( Editions du Dauphin) et L'Espéranto de poche (Assimil)

Catherine Guillery est poète, conférencière, auteur de pièces de théâtre, de nouvelles et de récits. L'évolution de l'humanité au fil des époques et la quête intérieure de l'être humain sont au centre de ses écrits.

Professeur émérite de la langue et la littérature russe à l'Université Paris4-Sorbonne, traducteur, secrétaire général de l'association les amis de Tolstoï, Michel Aucouturier est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Léon Tolstoï et la grande âme de la Russie (Gallimard Découvertes) . Il a préfacé les trois volumes des Journaux et Carnets de Tolstoï à la Bibliothèque de La Pléiade Gallimard.

Jean Sayad est président de l'association "Amitiés russes". Assyro-chaldéen d'Iran et russophone car originaire de la frontière avec l'Arménie, il est depuis très longtemps passionné par la littérature russe en général et Tolstoï en particulier.

Avec les témoignages des habitants du Puy: Mireille et Marcel Villecroze, Mireille Perrin, Denis Decanis, Louis Perrin, Robert et Louisette Long.

Avec les témoignages venant de Russie : Valentin Fédorovitch Boulgakov, Andreï Iloukhine, Alexandre Kharkovski, Vladislav Tchouvanov

Dans ce recueil, vous pourrez trouver ma lettre à Sophie Tolstoï (qui n'est pas celle publiée dans le blog).

Dans ce recueil, vous pourrez trouver ma lettre à Sophie Tolstoï (qui n'est pas celle publiée dans le blog).

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Publié le par alexandra collet
Publié dans : #10ans avec Tolstoï
Ouvrir le livre d'images...collection famille Gaspard
Ouvrir le livre d'images...collection famille Gaspard

Quand j’ai connu Jacques, je lui ai très vite parlé de l’amour que j’avais pour la littérature russe, mon rêve de Transsibérien (relire Tolstoï en voyageant)…

La Russie est ancrée en moi, j’aime son art, sa culture, ses gens de lettres, ses matriochkas, ses paysages, son architecture, l’exigence de son art poussé à l’extrême. Oui, j’aime la Russie.

Jacques m’a alors offert le tapuscrit de Victor Lebrun qui raconte Tolstoï en me disant ce jour- là : " Il me l'a donné en 1978 dans l'espoir que je trouve un éditeur car son plus cher désir est de se faire publié. Je te le remets, tu en fais ce que tu veux…"

Après deux années, j’ai relu ce texte et j'ai envoyé le premier paragraphe à 10 grosses maisons d’édition sans rien dire à personne. Quatre ont répondu positivement dans un délai de trois jours.

Le Cherche Midi a téléphoné à Jacques le jour de son anniversaire pour un futur contrat. C’était Monsieur Héraclès, la mythologie entrait dans la maison ! Tout a été signé dans la semaine pour une publication en 2014 (repoussée début 2015).

C’était émouvant, très émouvant d’imaginer que Jacques, allait faire revivre Tolstoï par le biais de son secrétaire. Pour ma part, j'étais très touchée (et euphorique) de voir notre destin lié à un des plus grands écrivains de la littérature.

Il a été demandé à Jacques d’écrire un avant- propos, nous sommes donc allés faire une enquête au Puy Sainte Réparade où il avait passé sa jeunesse et où Lebrun avait longtemps vécu.

Nous avons eu à disposition des articles de journaux, recueilli des témoignages, et découvert une "malle au trésor".

Les derniers témoins nous ont ouvert un coffre rempli de photos absolument extraordinaires qui racontent l’histoire d’une vie, il y avait aussi sa machine à écrire avec les caractères cyrilliques, une carte avec le portrait de Tolstoï et un message tapé avec cet alphabet ...

Lebrun était un véritable disciple du grand écrivain russe, il vivait comme Lévine dans Anna Karénine, j'ai été frappée par tant de similitudes en relisant ce chef d'oeuvre.

Il a consacré sa vie à l’apiculture, à l'ascétisme, à l'espéranto et a su tiré le meilleur des enseignements de Tolstoï.

Si on connait la suite au niveau de la publication, ce qui est intéressant c'est d'apprendre régulièrement qui était Victor Lebrun par des témoignages de personnes qui l'ont bien connu et qui ne sont pas prêtes d'oublier cet homme si attachant.

Article de Michel Aucouturier, revue les Amis de Tolstoï Juin 2015

Article de Michel Aucouturier, revue les Amis de Tolstoï Juin 2015

Le Mag du Puy Ste Réparade Juillet 2015!

Le Mag du Puy Ste Réparade Juillet 2015!

Le Caucase (Non daté)

Le Caucase (Non daté)

En 1926

En 1926

10 ans avec Tolstoï - L'histoire du livre
10 ans avec Tolstoï - L'histoire du livre
10 ans avec Tolstoï - L'histoire du livre
Photos - collection Famille Gaspard.

Photos - collection Famille Gaspard.

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Publié le par alexandra collet
Publié dans : #10ans avec Tolstoï
10 ans avec Tolstoï à Paris - Sorbonne

Jacques Ibanes a présenté 10 ans avec Tolstoï à l'Institut des études slaves de Paris ce mardi, en fin d'après-midi, il était accompagné par la comédienne Pierrette Dupoyet pour des lectures. La Comtesse Tolstoï était au rendez-vous, heureuse de cette rencontre et de l'édition du livre. Son époux qui était le petit fils de l'écrivain avait lui aussi rencontré Victor Lebrun au Puy Sainte Réparade.

Pierrette Dupoyet a donné vie aux textes d'une façon magistrale, nous avons découvert un très beau témoignage d'une autre rencontre avec Tolstoï, faite cette fois -ci, avec le père de Madeleine Pagès (la fiancée d'Oran d'Apollinaire).

Durant toute la conférence, le Maître russe nous écoutait avec bienveillance, son buste était le gardien de toute la littérature slave de la bibliothèque de la salle.

C'est sur des promesses de retrouvailles et d'un voyage à Iasnaïa Polania que nous nous sommes quittés.

NB: Quelle surprise et quel bonheur de retrouver nos amis dans la salle, c'était comme dans un rêve!
La comtesse Tolstoï et Jacques Ibanès.

La comtesse Tolstoï et Jacques Ibanès.

Léon Tolstoï était présent

Léon Tolstoï était présent

Conférence.

Conférence.

Tristan lit les souvenirs de Victor Lebrun évoquant son enfance en Russie.

Tristan lit les souvenirs de Victor Lebrun évoquant son enfance en Russie.

Pierrette Dupoyet.

Pierrette Dupoyet.

La comtesse Tolstoï , Léon T et Jacques Ibanès.

La comtesse Tolstoï , Léon T et Jacques Ibanès.

Magnifique lecture à deux voix.

Magnifique lecture à deux voix.

La comtesse Tolstoï notre plus grande "fan".

La comtesse Tolstoï notre plus grande "fan".

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Publié le par alexandra collet
Publié dans : #10ans avec Tolstoï
10 ans avec Tolstoï par Lucien Wasselin

Dans "La faute à Diderot" Lucien Wasselin qui est poète, auteur, critique a commenté 10 ans avec Tolstoï.

La faute à Diderot

Actualité de Tolstoï

Lucien Wasselin a lu Dix ans avec Tolstoï de Victor Lebrun

Qui ne connaît Léon Tolstoï ? Qui n’a lu Guerre et Paix ou Anna Karénine ? Tout le monde, ou presque, sait la mort tragique du romancier dans la gare d’Astapovo… Et certains adhèrent à la notion d’anarchisme chrétien pour le caractériser… Un ouvrage vient de paraître qui permet au lecteur de se faire une idée précise : "Dix ans avec Tolstoï" de Victor Lebrun.

Victor Lebrun fut le secrétaire de Léon Tolstoï pendant une dizaine d’années. Il est né en 1882 et à l’âge de 5 ans sa mère l’emmène au Turkestan russe où son père, ingénieur, participait à la construction du chemin de fer transcaspien. Il va passer son enfance en Russie où il apprend le russe et fait ses études. Il commence par correspondre avec Tolstoï, finit par se rendre à l’improviste à Iasnaïa Poliana avant de devenir le secrétaire particulier (à titre bénévole) de l’écrivain. Après la mort de Tolstoï, il écrira ses mémoires qui resteront longtemps inédits puisqu’il s’agit aujourd’hui avec ce volume de la première édition… Jacques Ibanès, connu comme chanteur et comme critique, apprend l’existence de Victor Lebrun qui vit alors au Puy-Sainte-Réparade (où Ibanès a passé son enfance), en 1978. Il demande à un ami de lui ménager un rendez-vous. Et Lebrun lui remet le manuscrit de ses souvenirs sur Léon Tolstoï en lui disant : "Mon plus grand désir, ce serait qu’ils soient un jour publiés. Alors, si vous pouvez faire quelque chose…"

C’est donc un document important qui voit enfin le jour, puisque un témoin, qui a connu Tolstoï, qui a travaillé avec lui, parle. Un témoin certes traversé par une grande empathie car il considère Tolstoï comme son maître ; les expressions sont nombreuses qui désignent le rapport qui unit l’auteur au romancier russe : "mon maître", "le grand penseur", "le grand maître"…, mais c’est toujours argumenté et frappé du coin de la vérité. D’ailleurs Lebrun écrit : "Ce qui surtout m’unissait à mon maître, c’était le même besoin d’étude et d’analyse". Seront examinés quatre aspects de Tolstoï que présente le livre de Lebrun pour leur actualité ou pour les précisions apportées à la connaissance de l’homme et de son œuvre : le goût du travail manuel de Tolstoï et son sens du partage, sa pensée, sa façon de travailler et sa fin et les raisons avancées par Lebrun…

Le goût manifesté par Tolstoï pour le travail des champs est daté historiquement et s’explique par l’état des forces productives à l’époque en Russie et par ses origines sociales qu’il ne remet en question que jusqu’à un certain point. Mais ce goût avéré et vérifié par les observateurs de l’époque témoigne aussi d’une remise en cause de la division du travail. Certes, il ne faut pas faire de Tolstoï un marxiste (ce qu’il n’a jamais été) ; mais ce point précis peut faire penser à Kropotkine, qui, sans pousser la comparaison trop loin, comme Tolstoï, est d’extraction noble et issu d’une famille de propriétaires terriens… On peut relever dans les souvenirs de Lebrun de nombreuses occurrences qui mettent en évidence cette remise en cause mais ce goût pour le travail des champs s’explique aussi par des raisons morales : "… cependant l’obligation pour chacun de prendre sa part personnelle dans les plus durs travaux, indispensables à notre existence, est une des bases essentielles de la doctrine morale du grand maître" (p 139). Les politiciens actuels feraient bien de méditer cette pensée, eux qui défendent la division sociale du travail et fixent le taux horaire du Smic et l’indemnisation du chômage à des montants dérisoires…

Si le sens du partage est aussi avéré, la pensée de Tolstoï reste tributaire de son époque. Pouvait-il en être autrement ? Il est difficile de répondre à cette question même si Marx vécut de 1818 à 1883 alors que Léon Tolstoï mourut en 1910 : il avait alors eu le temps de connaître les écrits de Marx mais Victor Lebrun fait dire à son maître (p 146) : "Pour les matérialistes, Dieu, c’est la matière, quoique ceci soit tout à fait erroné". On comprend alors que Tolstoï invoquait des raisons morales pour justifier tel ou tel aspect de sa pensée. Dieu est donc une hypothèse dont il ne se passe pas : Dieu, selon Lebrun, occupe dans la pensée de Tolstoï "la même place que dans le concept des savants occupait la matière". Ce qui n’empêchera pas Léon Tolstoï de s’opposer à l’église orthodoxe en tant qu’institution et d’être excommunié par cette dernière… On pourrait peut-être affirmer que ce qui caractérise le mieux Tolstoï, c’est son humanisme plutôt qu’un succédané de l’anarchisme. Et Victor Lebrun de tenir ces propos qui s’appliquent parfaitement au temps que nous vivons : "Et toute la science contemporaine était soigneusement accommodée de manière à empêcher le genre humain de voir clair. Toute l’instruction, religieuse, historique, politique et économique, ne poursuivait qu’un seul but : tromper, effrayer et embobiner le travailleur, pour pouvoir le voler avec la moindre dépense de travail et de capital" (p 182). Il suffit de réécrire la phrase au présent de l’indicatif !

Quant à la façon de travailler de l’écrivain Tolstoï, le chapitre 4, intitulé "Le secrétariat" est d’une clarté remarquable. La journée est consacrée, outre les exigences de la vie normale de tout être humain, à deux choses : le travail manuel (qui a déjà été abordé) et le travail intellectuel. Ce dernier donne lieu à plusieurs points de vue : la correspondance, le travail d’auteur (réflexion et écriture), la correction des épreuves, les lectures… Il n’est pas exagéré d’affirmer que Tolstoï était un monstre de travail. Rien que sa correspondance donne une idée : il recevait jusqu’à une quinzaine de lettres par jour. Et s’il répondait lui-même à un nombre restreint de lettres, il chargeait ses collaborateurs de répondre à quelques autres. Mais toutes étaient classées… et étaient lues attentivement par le destinataire. En ce qui concerne le travail d’auteur, une phrase de Victor Lebrun résume parfaitement la situation : "Le maître corrigeait et refaisait ses écrits un nombre de fois incalculable". Il en donne un exemple détaillé avec un article consacré aux thèses des géorgistes [1] américains : d’un article primitivement de la taille d’une main consacré aux "dix commandements géorgiens" Tolstoï passe à une étude précise sur "la propriété foncière en Russie et sur l’unique moyen de résoudre le problème de la distribution des terres" (p 120-121). Autre remarque de Lebrun dans la partie "Les épreuves d’imprimerie" de ce chapitre : "Ainsi, presque octogénaire, Tolstoï passait journellement de six à sept heures devant sa table à écrire" (p 127).

Enfin, quant à la disparition de Tolstoï, Victor Lebrun se livre dans le chapitre 6 à une analyse implacable des relations entre le romancier et son épouse Sophie Bers. Il est très dur pour cette dernière : "Née et élevée à la cour, Sophie Bers, comme tous dans ce milieu, était tout à fait dénuée des hauts instincts humains. Elle n’éprouvait pas le moindre besoin d’analyser l’ordre social qui la plaçait tout en haut de la pyramide, ni de sympathiser avec le peuple indigent" (p 183). Faut-il le rappeler, Tolstoï était lui-même un pur produit de cette fraction de classe. Mais contrairement à son épouse il était insatisfait de l’ordre établi. D’où sa "naissance spirituelle" qu’on peut dater de la fin des années 1860 (la nuit d’Arzamas). Deux conceptions du monde s’affrontent désormais car Léon Tolstoï est devenu un moraliste qui s’interroge sur le sens de la vie alors que son épouse reste figée dans ses convictions aristocratiques. D’où la crise finale et le dénouement fatal que tout le monde connaît. Ce qui en ressort : le côté âpre au gain de Sophie Bers et des enfants du couple qu’elle a pu convaincre et le côté désintéressé, idéaliste ou révolutionnaire (c’est selon) de Tolstoï. Ce chapitre est sans doute le plus émouvant des mémoires de Victor Lebrun…

°°°

Il faut lire "Dix ans avec Tolstoï" pour ce que ce livre révèle de la personnalité de l’auteur d’Anna Karénine mais aussi pour l’actualité de certains des propos qui sont tenus par Victor Lebrun. À l’heure où les tenants du libéralisme économique qui nous gouvernent nous prêchent la résignation et exigent toujours plus de sacrifice des mêmes, Tolstoï montre qu’une autre voie est nécessaire tout en en cherchant les moyens. Sans doute faut-il une révolution politique, mais elle n’aura pas lieu, semblent affirmer Léon Tolstoï et, après lui, Victor Lebrun, sans une révolution intérieure. "Rien n’est jamais acquis à l’homme" dit le poète. Alors, à nous d’être vigilants si nous voulons que le monde change…

Victor Lebrun, Dix ans avec Tolstoï. Édition établie, annotée et présentée par Jacques Ibanès. Le Cherche Midi éditeur (collection Documents). 240 pages, 17 €. (Avec des lettres inédites de Léon Tolstoï).

Notes :

[1] Henry George (1839-1897). Économiste américain dont les thèses ne sont pas présentées ni discutées ici. Cet exemple est donné pour ce qu’il révèle de la façon de travailler de Tolstoï… Marx était hostile à la pensée de George parce qu’elle était inefficace car ne touchant pas à la propriété privée des moyens de production et d’échange.

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Publié le par alexandra collet
Publié dans : #10ans avec Tolstoï, #Presse
10 ans avec Tolstoï dans la presse "La Marseillaise"

Très bel article de LA MARSEILLAISE avec une analyse de Tolstoï, que je partage bien souvent, sur certaines conséquences de l'imprimerie aujourd'hui.

Rappel: Jacques Ibanes donnera sa prochaine conférence à l'Institut des études slaves (Sorbonne) le 12 mai à 17 heures en présence de la Comtesse Tolstoï.

Pour l'occasion ma chère amie, la comédienne Pierrette Dupoyet nous offrira une lecture d'extraits de 10 ans avec Tolstoï.

LA MARSEILLAISE

Date : 05 AVRIL 15
Pays : France
Périodicité : Quotidien
Page de l'article : p.46
Journaliste : Anne-Marie Mitchell
Page 1/1
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Tous droits réservés à l'éditeur CHERCHEMIDI 8839753400506
MAGAZINE
Livres
Témoignage. Tolstoï, écrivait Romain Rolland, ne parlait pas
aux privilégiés, mais aux hommes ordinaires.
Le Maître et le
Secrétaire
• Nous sommes en 1978, dans un
village - Le Puy-Sainte-Reparade
- situé a quelques kilomètres
d'Aix en Provence Accompagnés
du Narbonnais Jacques Ibanes,
nous frappons à la porte d'une
maisonnette en pierre dont le
propriétaire se nomme Victor
Lebrun, espérantiste, végétarien,
apiculteur et au léger ac

cent russe. Normal , il est né en
Ukraine en 1882 ou son père était
ingénieur des chemins de fer pour
la construction du Transcaspien
Lebrun, un truculent personnage
que connaissent les Provençaux et
plus particulièrement les lecteurs
de Chroniques des grandes figures
du Sud de Serge Bec (Équinoxe,
2012) où il figure aux côtes entre
autres, de Giono, Fernandel, le
peintre Ambrogiani et notre regretté
ami Yvan Audouard .Pour
quoi cette visite, alors que nous
sommes loin de nous douter que
le vieil homme, à l’œil rieur et à
la moustache gauloise, aura cessé
de vivre quelques mois plus tard ?
Parce que ce passionné de Tolstoï
fut, plusieurs années durant, l'ami
intime et le secrétaire de l'auteur
de Guerre et Paix, qui voyait dans
I' amour le flambeau de la vérité et
dans l'instruction l'arme la plus
redoutable des peuples opprimés
Immense romancier, espérantiste
et végétarien lui aussi, dont
la fausse nouvelle de sa mort
aurait fait tomber en syncope
Maxime Gorki (I annonciateur
des tempêtes populaires) et chez
lequel Gandhi puisa le principe de
non-violence. Sa mort (bien réelle)
surviendra le 20 novembre 1910
dans la maison du chef de gare
d'Astapovo, à l'âge de 82 ans, après
qu'il eut fui la demeure familiale
et voyage sous un nom d'emprunt.
C'est lui que nous retrouvons,
vêtu de sa blouse de toile grise
et chausse de hautes bottes, dans
Dix ans avec Tolstoï, où il se dresse
Léon Tolstoï'.
plus vivant que jamais, malgré
la Faucheuse qu'il dit attendre
"presque avec joie". Témoignage
traduit tout d'abord en anglais par
Victor P Epp en 2006, version illustrée
dans laquelle est publiée la
lettre adressée par Jean Rostand
à Victor Lebrun. Enthousiaste
de Tolstoï, et ayant lu quasiment
toute son œuvre, nous avons toutefois
appris beaucoup de choses
en lisant ce livre. Par exemple,
nous ignorions cette phrase que
nous ferons notre lorsque l'occasion
nous en sera offerte Tolstoï
en veut parfois à Gutenberg
d avoir donné "la possibilité d im
primer tout ce que l'on publie actuellement"
Comment ne pas comprendre
qu'il ait pu s'insurger contre des
écrits médiocres et flagorneurs,
alors que les siens étaient sous
le contrôle des épurateurs tsaristes.
Victor Lebrun, qui n'ignore
pas les coupures faites par les
censeurs dans les pages de son
maître, aurait certainement aime
lire ce passage extrait de I article
signé Octave Mirbeau et publié
dans l'Humanité le premier mai
1904 "II n'est pas permis à un Tols
toi d'écrire ce qu il pense et comme
il le pense. On rature, on émonde,
on mutile ses œuvres. Mais pour un
Tolstoï, que protège contre les bourreaux
l'admiration universelle,
combien d'autres exécutions dont
la Russie aura à porter la honte
devant l'avenir Prolétaires et penseurs,
artistes et ouvriers, étudiants
et moujiks, humbles fonctionnaires
et vagabonds, tous ne vivent que
sous la menace de la délation, espionnes
par une police vénale qui
voit et qui entend ce que ses maîtres
lui commandent de voir et d'entendre.
" Merci à Jacques Ibanes
d'avoir frappé à la porte de Victor
Lebrun et merci a ce dernier
de nous avoir permis d'observer
Tolstoï au travail ou errant dans
les forêts voisines, un carnet en
poche. À découvrir
ANNE-MARIE MITCHELL







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Publié le par alexandra collet
Publié dans : #RADIO, #Entrée des artistes, #10ans avec Tolstoï

Aujourd'hui : Tout savoir sur le duo Canticel + l'émission aprèm passion sur youtube où on aperçoit aussi Jacques et Tristan.

Dagois-Teufel - Association LUBLINIANA

www.lubliniana-asso.eu/dagois.teufel.html

 

Je les aime tellement ces deux-là que je n'ai pas hésité à écrire un texte sur eux.

Diabolus in musica

Pour Catherine Dagois et Edgar Teufel

 

« Aimer, c’est donner sans attendre de retour et tout acte est prière, s’il est don de soi. »

Antoine de Saint-Exupéry

 

 

 

La salle a pour candélabres des stalactites et stalagmites millénaires. La cathédrale est enfouie dans ce monde souterrain où se produit le couple d’artistes, l’endroit est insolite et mirifique.

 

Pour aller écouter le concert dans les entrailles de la terre, les spectateurs descendent dans un monde aux antipodes de celui dans lequel ils vivent. Ils sont aimantés par ce monde irréel où va exploser la musique mise à nue sans aucun artifice.

 

Dans ce berceau primitif du monde dans lequel l’homme se sent étranger, va être interprétée la plus belle prière de Mendelssohn. La contralto dans la lumière d’outre terre, est une colombe dans sa robe de soie et d’organdi. Son mari l’accompagne à l’orgue. L’atmosphère étrange devient soudain magique dans cette nef souterraine dès les premières notes. (...)

Le duo est en osmose dans ce Versailles souterrain des Pyrénées. La cantatrice à la voix limpide reflète l’amour de la vie qu’a transmis Mendelssohn à travers son œuvre, l’interprétation est sobre et élégante, l’hymne se propage subtilement dans l’espace de la salle.

 

La musique entre en eux, elle s’intériorise à chaque seconde, ils ne font plus qu’un avec elle, ils sont unis par cette femme lyrique, cette femme poème, cette femme sourire et son mari virtuose.

(...)

A la fin du concert, un bis fut réclamé. Et une dernière fois, les doigts de l’organiste virevoltèrent tels des oiseaux de feu autour d’une fugue de Bach.

Merci à Cat et Ed pour ce magnifique après-midi dont nous nous souviendrons longtemps...Quel bonheur de revoir tous ces rires, ces chants et ces moments de tendresse. Bravo pour le film! J'adoreeeeeeeeeeeeeeee

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Publié le par alexandra collet
Publié dans : #10ans avec Tolstoï
Photo Jean S.
Photo Jean S.

Victor Lebrun évoque la jolie fable ci-dessous dans ses mémoires. Bonne lecture! Merci à Jean Sayad d'avoir retrouvé ce texte et de l'avoir traduit.

ОТЧЕГО ЗЛО НА СВЕТЕ
(Басня)

Пустынник жил в лесу, и звери не боялись его. Он и звери говорили между собою и понимали друг друга.

Один раз пустынник лег под дерево, а ворон, голубь, олень и змея собрались ночевать к тому же месту. Звери стали рассуждать, отчего зло бывает на свете.

Ворон сказал: «Зло на свете все от голода. Когда поешь вволю, сядешь себе на сук, покаркаешь — все весело, хорошо, на все радуешься; а вот только поголодай день-другой, и все так противно станет, что и не смотрел бы на свет божий. И все тебя тянет куда-то, перелетаешь с места на место, и нет тебе покоя. А завидишь мясо, так еще тошнее сделается, так и бросишься без разбора. Другой раз и палками-то, и камнями в тебя кидают, и волки и собаки хватают, а ты все не отстаешь. И сколько так из-за голода пропадает нашего брата. Все зло от голода».

Голубь сказал: «А по мне, не от голода зло, а все зло от любви. Кабы мы жили по одному, нам бы горя мало. Одна голова не бедна, а и бедна, так одна. А то мы живем всегда парочками. И так полюбишь свою дружку, что нет тебе покоя — все о ней думаешь: сыта ли, тепла ли она? А как улетит куда-нибудь от тебя дружка, тут уж совсем пропадешь,— все думаешь: как бы ястреб не унес или люди не поймали бы; и сам полетишь ее искать, да и залетишь в беду,— либо под ястреба, или в силок. А если пропадет дружка, так самому уже ничто

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не мило. Не ешь, не пьешь и только ищешь да плачешь. Сколько нас от этого пропадает! Все зло не от голода, а от любви».

Змея сказала: «Нет, зло не от голода и не от любви, а зло от злости. Кабы жили мы смирно, не злились бы,— нам бы все хорошо было. А то как сделается что-нибудь не по тебе, разозлишься,— тогда уж ничто не мило. Только и думаешь, как зло свое на ком выместить. Тут уж сама себя не помнишь, только шипишь да ползаешь, ищешь, кого бы укусить. Уже никого не жалеешь — до тех пор злишься, пока сама себя погубишь. Все зло на свете от злости».

Олень сказал: «Нет, не от злости, и не от любви, и не от голода все зло на свете, а зло от страха. Кабы можно было не бояться, все бы хорошо было. Ноги у нас резвые, силы много. От маленького зверя рогами отобьешься, от большого уйдешь. Да нельзя не бояться. Только хрустни в лесу ветка, зашурши листья, так весь и затрясешься от страха, забьется сердце, точно выскочить хочет, и летишь что есть духу. Другой раз заяц пробежит, птица трепещется или сухая ветка обломится, а ты думаешь — зверь, да и набежишь на зверя. А то бежишь от собаки,— набежишь на человека. Часто испугаешься и бежишь, сам не знаешь куда, и с размаху оборвешься под кручь и убьешься. И спишь-то одним глазом, слушаешь и боишься. Нет покоя. Вез зло от страха».

Тогда пустынник сказал:

— Не от голода, не от любви, не от злобы, не от страха все наши мученья, а от нашего тела все зло на свете. От него и голод, и любовь, и злоба, и страх.

D’où vient le mal dans le monde ?

Un ermite vivait dans la forêt et les animaux sauvages n’avaient pas peur de lui. Il parlait avec eux et se comprenaient mutuellement.

Un jour, l’ermite était allongé sous un arbre et un corbeau, un pigeon, un cerf et un serpent sont venus dormir au même endroit. Les animaux se sont mis à s’interroger d’où vient le mal dans le monde.

Le corbeau dit : « Le mal dans le monde vient de la faim. Quand tu as mangé à ta faim, tu t’assieds sur une branche, tu coasses ; tout est joyeux, tout est bien et tu te réjouis de tout ; et quand un autre jour tu as faim, tout te semble tellement dégoûtant que tu n’as même pas envie de regarder autour de toi. Tu ne tiens plus en place et tu voles d’un endroit à un autre sans trouver la paix. Si tu vois un bout de viande, tu vas te sentir encore plus mal et te jeter dessus sans retenue. Et après on te lance des bâtons ou des pierres, les loups ou les chiens t’attrapent et tu ne lâcheras pas le bout de viande pour autant. Tant de nos frères périssent ainsi à cause de la faim. Tout le mal vient de la faim. »

Le pigeon dit : « A mon avis, le mal ne vient pas de la faim mais de l’amour. Si on vivait chacun séparément, on aurait bien peu de malheur. Un seul être n’est pas malheureux, et quand bien même il le serait, il serait seul à être malheureux. Mais nous, nous vivons toujours par paires. Et si tu aimes ta compagne, tu ne peux pas être en paix et tu penses toujours à elle. Est-ce qu’elle est rassasiée, est-ce qu’elle est au chaud ? Et si ta compagne s’envole loin de toi, c’est la fin de tout : tu penses sans arrêt que l’autour ou que les gens vont la capturer ; alors tu t’envoles à sa recherche et tu tombes toi-même sur un autour ou sur un filet. Et si ta compagne disparaît, tu n’as plus goût à rien. Tu ne manges plus, ne bois plus et tu ne fais que la chercher ou que pleurer. Tant des nôtres périssent à cause de cela ! Tout le mal ne vient pas de la faim, mais de l’amour. »

Le serpent dit : « Non, le mal ne vient pas de la faim ou de l’amour mais de la méchanceté. Si nous vivions tranquillement sans être méchants, tout irait pour le mieux. Si quelque chose ne se passe pas comme tu l’aurais voulu, alors déjà tout devient sombre. Tu ne penses qu’à te venger sur quelqu’un. Tu es hors de toi, ne fais que siffler et sors la langue en cherchant qui tu vas mordre. Tu n’as aucune pitié et reste méchant jusqu’à ce que tu en meures. Tout le mal dans le monde vient de la méchanceté. »

Le cerf dit « Non, le mal dans le monde ne vient ni de la méchanceté, ni de l’amour, ni de la faim, mais de la peur. Si l’on pouvait n’avoir peur de rien, tout irait bien. Nos pattes sont robustes et nous avons beaucoup de force. Si nous pouvons triompher d’un petit animal grâce à nos bois, nous pouvons aussi échapper à un prédateur. Mais il nous est impossible de ne pas avoir peur. Il suffit d’un bruissement de branches ou d’un sifflement de feuilles et soudain tu trembles d’effroi, ton cœur s’emballe et tu t’enfuis à perdre haleine. Si une autre fois tu entends courir un lièvre, bouger un oiseau ou craquer une branche morte, tu imagines que c’est une bête sauvage et en voulant y échapper, tu tombes nez à nez entre ses griffes. Et si tu t’échappes d’un chien, tu tombes sur un homme. Tu as souvent peur et tu cours, ne sachant pas toi-même dans quelle direction et pris dans ton élan tu dévales une pente et te tues. Et tu dors d’un œil, tu tends l’oreille et tu as peur. Il n’y a pas de paix ! Tout le mal vient de la peur. »

Alors l’ermite dit : « Toutes nos souffrances ne viennent ni de la faim, ni de l’amour, ni de la méchanceté, ni de la peur, mais tout le mal du monde vient de notre corps. La faim, l’amour, la méchanceté et la peur viennent de notre corps.

Ci-dessous, un retour en images à l'Institut des relations internationales de Montpellier. Jacques lors d'une conférence sur Tolstoï a été invité à parler du livre de Victor Lebrun. L'accueil a été très chaleureux et sous le signe d'une belle amitié franco-russe.

Crée en 1992, l'association Loi 1901 Amitiés Russes a pour but de favoriser la connaissance mutuelle et la coopération entre le peuple français et les peuples de l'ex - URSS (Union des républiques socialistes soviétiques). Il s'agit à la fois de mieux cerner les cultures et les liens entre ces deux civilisations historiquement très liées, mais également d'effacer les préjugés et les idées reçues que nous avons accumulés dans nos inconscients collectifs. La semaine culturelle russe est le point d'orgue de l'année, organisée au printemps et proposant la découverte de la Russie via lecture de contes, conférences, musique, littérature, représentations théâtrales et de la cuisine russe.

A l'Institut des relations internationales (Montpellier).

A l'Institut des relations internationales (Montpellier).

Conférence avec Jean Sayad.

Conférence avec Jean Sayad.

 10 ans avec Tolstoï - La fable: D'où vient le mal dans le monde?

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