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Madame Rhinocéros

Madame Rhinocéros

Les surprises de la vie...

Publié le par Ibanès Alexandra
Publié dans : #Passion philo
Naissance du VILLAGE DES P'TITS PHILOSOPHES
Naissance du VILLAGE DES P'TITS PHILOSOPHES

Il y a quelques années alors  que j'animais mensuellement  des débats philo, des parents d'élèves m'ont avoué  qu'ils aimeraient être des petites souris pour écouter leurs enfants qui semblaient "grandir" à vue d’œil et réfléchir, ils les découvraient à la maison sous un nouveau jour.

L'année suivante, je décidais de travailler avec le livre La morale ça se discute de Michel Tozzi (éditions Albin Michel) pour faire du philo théâtre et préparer une pièce à partir de différents extraits où il y aurait des intermèdes qui seraient des réflexions d' enfants en rapport avec les thèmes abordés.

La pièce proposée une seule fois en présence de l'auteur  fut un tabac . Je décidai que désormais il y aurait des traces des débats conduits en classe.

C'est ainsi que cette année, nous avons décider de réaliser un livre de pensées philosophiques qui paraîtra le 21 mai  aux éditions du jais .

Les enfants ont réfléchi sur les sujets suivants:

-L'art, ça sert à quoi?

-Réalité et illusion

-La mémoire

-Les apparences

-La solidarité

-Les préjugés

De très jolis moments sont prévus à la sortie du livre dont le titre a été trouvé par Lucas qui a comparé notre classe à l'Agora des cités antiques, et celui-ci a été illustré par de nombreux élèves.

 

 

Naissance du VILLAGE DES P'TITS PHILOSOPHES
Naissance du VILLAGE DES P'TITS PHILOSOPHES
Naissance du VILLAGE DES P'TITS PHILOSOPHES

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Publié le par Ibanès Alexandra
Publié dans : #Passion philo
Deux jours à l'UNESCO

En novembre 2018, je me suis rendue avec Tristan à l'UNESCO pour les journées mondiales des nouvelles pratiques philosophiques à l'école. Nous avons passé deux jours EXTRAORDINAIRES. Voilà17 ans que j'anime des débats à visée philosophique très régulièrement avec mes élèves et voilà 17 ans que ces journées existent, ce fut donc pour moi, une façon de fêter l'anniversaire d'une de mes passions. Tristan et moi sommes revenus chamboulés par tant de belles rencontres. Depuis beaucoup de choses ont évolué dans mes pratiques et j'ai de nombreux projets dans ce domaine. À suivre...

LES NOUVELLES PRATIQUES PHILOSOPHIQUES.

RENCONTRES UNESCO DU 13 AU 16 Novembre

 

« L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation. »

                                     Averroes

 

COMMENT Y REMEDIER ?

 

Du 14 au 16 novembre 2018,  ont eu lieu les rencontres sur les nouvelles pratiques philosophiques à la maison de l’UNESCO à Paris. Elles ont été réalisées grâce au soutien du secrétariat de la jeunesse du Québec, du Ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, du Consulat général de France au Québec, du collège de Noisy -Le- Grand de l’Académie de Créteil et des services de la Section- Recherche et prospective, Secteur des sciences sociales et humaines UNESCO.

 

Les domaines d’action prioritaires

 

À la suite des attentats de Charlie Hebdo et de la radicalisation de collégiens de Maisonneuve au Québec qui, se sentant victimes d’injustices, de rejet et de non-reconnaissance, étaient partis combattre en Syrie pour répondre à un idéal qu’on leur promettait, Philojeunes a mis au point un projet-pilote visant la prévention du dogmatisme (islamique ?). Il repose sur deux paradigmes :

-la prévention du dogmatisme, du fanatisme et de la radicalisation 

-l’éducation à la citoyenneté mondiale qui s’inscrit dans le cadre de l’Unesco.

Ce projet, intitulé «  Vivre ensemble »  s’inscrit dans le temps (2015-2020) et vise à retisser les liens entre les jeunes en  privilégiant l’Éducation, la Culture et l’ouverture sur la diversité. Il s’appuie sur les travaux de Matthew Lipman menés aux Etats-Unis et les débats à visée philosophiques initiés par Michel Tozzi en France pour lutter contre le racisme, le sexisme en trouvant des alternatives à la violence par la médiation.

 

Pratiquer les débats à visées philosophiques à l’école permet de nuancer ses opinions en écoutant l’autre, de distinguer les différentes formes de violences morales, de résoudre des problèmes et des conflits, de rehausser l’estime de soi pour vivre ensemble dans une École bienveillante. Il donne par ailleurs des pistes apprenent à faire des choix adéquats en respectant les valeurs de collaboration, d’empathie et de coopération. En prenant appui sur tous les potentiels des jeunes, il est possible de leur permettre de sortir du cercle de la victimisation et d’en faire des citoyens responsables.

Trois pistes sont mises en place :

- L’instruction, qui est la formation de l’esprit en développant et croisant les savoirs, rôle irremplaçable de l’École, pour former des citoyens avisés et critiques ( à partir de 5 ans , un enfant peut expliquer ce qu’il pense).

- La socialisation en créant une cohésion dans le groupe pour vivre ensemble et devenir un citoyen responsable.

- La qualification en développant la connaissance de soi pour rentrer en relation avec l’autre.

 

 

La présence de jeunes à l’UNESCO

 

Lors de la présentation de la philosophie à l’école, trois jeunes lycéennes sont venues témoigner de leurs expériences. Voici quelques-uns de leurs constats :

 

« La philo m’a permis d’apprendre à bien m’exprimer à l’oral qui est de plus en plus important dans la vie »

« Ma pensée est devenue plus mature, j’ai appris à être à l’écoute des autres, j’ai plus de facilité pour écrire »

« Quand on sortira de l’école, on sera des produits du système scolaire, les débats nous apprennent autre chose qui sera utile dans la vie »

« C’est une liberté d’expression »

« On réfléchit pour lutter contre la montée de l’intégrisme »

« Quand on ira voter, on aura un esprit critique, on réfléchira »

« C’est bien pour l’émancipation des femmes »

 

Conclusion finale

« C’est un petit pas vers un monde meilleur »

 

Des ateliers de pratiques autour du programme Philojeunes ont ensuite eu lieu, mélangeant collégiens français et québécois. Il est étonnant et réconfortant de constater qu’à l’heure où les média ne mettent en avant que ce qui va mal dans le système éducatif français, des jeunes savent s’exprimer, argumenter, faire évoluer leurs pensées en ayant un retour réflexif sur leurs préceptes. Lors du bilan final des deux débats proposés (Qu’est-ce que le droit? À quoi ça sert ?/ Croire et savoir), les élèves ont fait montre d’une étonnante maturité en développant des thèmes tels que ceux de l’origine des nombres dans la culture arabe, des croyances incas sur la fin du monde ou encore du mythe de la caverne de Platon et en proposant des prolongements de réflexion dans leur synthèse. Certains n’hésitaient pas non plus à dire, en argumentant, que leur pensée avait évoluée et que leurs perceptions du sujet étaient désormais différentes.

 

Les différentes pratiques en philosophie 

 

Le lien entre la recherche dans ce domaine et les pratiques réalisées dans les écoles pilotes est indéniable. Les pratiques Philojeunes s’internationalisent en s’adaptant à la culture des pays, ce qui crée une véritable richesse humaniste.

L’intérêt de philosopher apprend aux jeunes à structurer leur vie à partir de leur culture, leur époque et leur modèle politique. Diverses approches concrètes, propices à l’adhésion du plus grand nombre sont menées avec succès.

En voici quelques exemples qui ont été développés lors de ces journées et qui peuvent être autant de pistes à exploiter en fonction du contexte socio-culturel :

 

Le foot :

En Ariège et à Marseille, de jeunes footballeurs ont des débats concernant leur sport : Qu’est-ce qu’un bon arbitre ? (la Justice), Les règles du  jeu (Droits et devoirs)

 

L’art :

L’art permet une nouvelle approche de la philosophie d’une infinie richesse. En plus des compétences de conceptualisation et de problématisation, on ajoutera celle de l’argumentation.

On peut par exemple traiter le sujet de la Liberté selon trois approches différentes.

-Dans La liberté guidant le peuple de Delacroix, la liberté se gagne dans la violence (barricades, fusils, combats contre l’adversaire…). Le spectateur peut avoir deux points de vue : celui qui est invité à aider le peuple en colère ou celui de l’armée qui est en face.

-Avec la célèbre photo du meeting de Martin Luther King de 1963, la conception de la liberté est celle d’une prise de conscience, d’une cause juste dont la foule va s’emparer. Ici, il n’y a aucune violence.

-Matisse dans son tableau La Danse n’a peint ni adversaire, ni foule, juste des êtres qui se donnent la main. La scène est pacifique est musicale.

Les enfants apporteront une réponse à une question et expliqueront pourquoi ils ont choisi cette œuvre.

 

Dans d’autres ateliers on pourra chercher des images sur des notions philosophiques à double entrée : par exemples l’évolution des concepts  d’Amour, de Liberté, de Justice à travers les différents âges de la vie ou de l’Histoire.

 

Une autre approche de l’art peut être proposée en primaire (cf le site internet les p’tites lumières. L’enfant, ici, est pris dans sa globalité, avec une unité esprit- corps. Doué à cet âge d’une pensée imaginative et fertile, il développera sa créativité.

 

Ainsi, l’art peut être utilisé à trois fins :

-L’art comme illustration : à la fin d’un atelier, un dessin illustrera la réflexion de l’enfant. On pourra réaliser des livrets sur des thèmes avec des dessins qui répondent aux pensées ou encore un poster collectif.

-L’art comme support inducteur : des tableaux, des films, des sculptures, des pièces de théâtres...seront analysés pour une réflexion autour d’un thème. Les enfants définiront une notion à partir d’une image et devront  justifier le lien entre le concept et l’image.

À partir d’une image, il est aussi possible d’écrire une histoire de 3,4 lignes qui fera émerger une problématique qu’il faudra ensuite argumenter.

-L’art comme exploration conceptuelle :le geste créatif du corps peut être la source d’un questionnement philosophique comme l’ont proposé différents ateliersdurant ces journées :

 

-Micro-plastiques et Méduses : l’art comme médium interdisciplinaire pour contempler les défis du développement durable au travers du prisme poétique.

-Le théâtre d’ombres pour favoriser expression, réflexion, argumentation

-De l’atelier Yoga et de Danse au cours de philosophie. C’est possible.

- Contes chorégraphiques : quand le mouvement du corps rencontre celui de la pensée.

 

La place de l’écrit dans les pratiques philosophiques avec les enfants

 

- Ecrire pour parler, écrire pour être lu, micro pratiques pour distinguer et articuler les genres d’expression

-De la trace écrite à l’écriture du partage : une collaboration autour des philosophes arabes du Moyen-Âge entre une classe de Nice (4ème) et une classe d’Alexandrie (2nde)

-La littérature dans l’atelier philo, du tumulte à la trace

-Le DVP en cycle 3, quels écrits pour quels apprentissages ?

 

Les pratiques philosophiques avec les enfants dans les lieux culturels.

- Création d’un espace de philosophie créative parascolaire.

-Les cinés-philo et le déploiement de la pensée conceptuelle ou en temps de rencontre intergénérationnelle en salle obscure.

-Comment philosopher sur les sciences avec les enfants ?

 

Philosopher hors cadre avec des enfants.

 

- La discussion philosophique, outil à l’épreuve de la détention

- Ateliers philo pour des jeunes en réinsertion professionnelle.

- Ateliers d’expression philosophiques pour collégiens exclus.

 

Chantier Philocité des enfants et adolescents en difficulté

 

- Penser la résilience culturelle à l’adolescence à partir de la discussion philosophique

-La philosophie dans les structures médicoéducatives.

 

Deux conférences ont eu lieu au cours de ces journées :

« Philosopher avec Walt Disney et Harry Potter » par Marianne Chaillan et « Philosopher et méditer avec les enfants » par Frédéric Lenoir.

Le dernier jour, les 21 nationalités présentes se sont retrouvées pour la journée mondiale de la philosophie (débats, conférences, rencontre) et une nuit blanche à l’UNESCO.

 

Les journées mondiales des pratiques philosophiques à l’UNESCO

 

Ces journées sont riches d’enseignement. On en ressort grandi. Bon nombre de participants, en échangeant sur leurs expériences, ont insisté sur le fait qu’en animant des débats dans leurs écoles avec leurs équipes cela créait aussi une véritable cohésion entre adultes dans le quotidien des établissements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO
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Deux jours à l'UNESCO
Deux jours à l'UNESCO

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Quand je chante...
L'HISTOIRE EXTRAORDINAIRE DE "NARBONNE MON AMIE" Chanson de Charles Trenet
L'HISTOIRE EXTRAORDINAIRE DE "NARBONNE MON AMIE" Chanson de Charles Trenet

Une histoire magnifique racontée par Annie et Claude GUY , anciens disquaires à Narbonne.

 

NARBONNE MON AMIE est une chanson de Charles Trenet qui était sur un disque super 45 tours, sorti en 1961, chez PATHE-MARCONI (réf: COLOMBIA ERSF 1308).

Cette chanson était le 2ème morceau de la face B de ce disque. Après épuisement des stocks de ce 45t, on ne trouvait cette chanson que dans le coffret des 13 disques 33 tours  TOUTES MES CHANSONS , elle se retrouvait donc aux oubliettes.

 

Il était important pour les Narbonnais que l'on puisse diffuser à Narbonne un disque de NARBONNE MON AMIE qui représentait l'attachement de Charles Trenet à sa ville natale.

 

PATHE -MARCONI, contacté au début des années 80, ne voyait aucun intérêt à rééditer le 45 tours épuisé. Par contre, après plusieurs demandes, ils consentaient à éditer un 45 tours à notre convenance, à condition que nous en payons l'édition( 1000 disques minimum), proposition que nous avons acceptée, bien que l'investissement ait été lourd pour un petit disquaire de Province.

Ce disque comporte face 1: NARBONNE MON AMIE, face 2 : DOUCE FRANCE.

La photo illustrant la pochette est du photographe narbonnais : Jean FAGEDET. elle représente Charles Trenet jaillissant du toit de sa maison natale, avec au fond la Cathédrale Saint Just de Narbonne. Charles Trenet en parlant de cette photo a dit : " C'est la seule fois que je suis monté sur mon toit."

Plusieurs mois ont été nécessaires pour que Pathé produis ce disque. Un beau matin de 1983, alors que nous désespérions de le voir arriver, un colis de 1000 disques nous était livré.

Ce disque étant en tirage limité à mille exemplaires , nous les avons numérotés à la main.

 

"Je prenais le numéro 1/1000 pour l'offrir à Monsieur Mouly , maire de Narbonne, et je partais vers l'hôtel de ville. Pendant ce temps, mon épouse garnissait abondamment la vitrine du magasin avec ces disques.

Arrivé au bout du Pont des Marchands où se trouvait mon commerce, qui je vois? Charles Trenet que nous n'avions pas vu à Narbonne depuis assez longtemps. Il se promenait en ville et comme chaque fois, il venait faire un tour devant notre vitrine. Il était accompagné de Georges son secrétaire.

Je réalise brusquement qu'il n'a jamais été averti de la sortie de ce disque et je me demande quelle va être sa réaction en le découvrant. Très gêné, je fais demi-tour.  et reviens avertir mon épouse qui me dit "Trop tard , tu as Charles Trenet devant la vitrine!"

Je vais alors à sa rencontre et après les salutations et les politesses, il me dit "Je ne connaissais pas ce disque", je lui raconte la genèse du disque et je l'entends répondre" C'est gentil , ça me fait plaisir car j'aime ces chansons". J'ai poussé un OUF de soulagement.

Dans la conversation qui a suivi, il  me fait remarquer qu'il y a une faute d'ortgraphe sur le titre, il manque le E de amiE. Ce qui nous a valu de faire refaire toutes les pochettes , la faute subsistant sur la pochette du disque.

Ce disque dès sa sortie a eu un très grand succès et a été expédié dans la France entière.

Cette chanson, qui était méconnue des Narbonnais a été diffusée et reprise par bon nombre d'interprètes locaux?On l'a utilisée lors de manifestations diverses ou d'émissions radio ou télévision. Elle a servi de fond sonore aux différents reportages lors du décès de Charles Trenet.

Merci  à Annie et Claude GUY pour leur magnifique idée et ce très beau témoignage.

Merci à Jacques qui m'a offert un exemplaire de ce 45 tours.

Merci à Annie, de nous avoir livré ce disque rare avec en cadeau la pochette initiale, à domicile.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Ibanès Alexandra
Publié dans : #Passion ciné
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)

S'il est un personnage que les enfants de ma classe ont énormément aimé dans  Dilili à Paris , c'est bien Emma Calvé, la célèbre cantatrice du début du 20ème siècle qui dans le film est l'amie de notre jeune héroïne. Dans le générique de fin, elle explique ce que deviennent les différents protagonistes de l'histoire et les petites filles (voir le film), on apprend qu'elle les a accueillies dans son château qui se trouve dans le "Languedoc-Roussillon". Ne connaissant pas la vie d'Emma Calvé, cette information était -elle fiction ou réalité ? Le film donnant des détails non contestables, j'ai vite fait des recherches sur le sujet. La célèbre soprano possédait bien un château à Cabrières où elle accueillait les enfants pauvres de Millau. Emma Calvé avait passé toute son enfance dans cette région et elle y est enterrée.

Il se trouve qu'en Octobre 2019, j'avais programmé une visite au musée de Millau pour l'exposition HUNDERTWASSER et dans mon enquête, j'appris que dans ce même musée il y avait une petite salle avec quelques effets personnels de la célèbre cantatrice. Ce hasard était incroyable et mes élèves me missionnèrent pour faire un reportage photographique. Je vous propose de découvrir qui était Emma Calvé...

EMMA CALVE À MILLAU

Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
C'est dans cet hôtel que, ruinée, Emma Calvé termina sa vie. Il est fermé.

C'est dans cet hôtel que, ruinée, Emma Calvé termina sa vie. Il est fermé.

Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)

LE VILLAGE DES JEUNES ANNÉES...

Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)

LES ANNÉES PENSIONNAT.

Emma Calvé était pensionnaire dans un établissement tenu par des religieuses et c'est pendant des cours de chants qu'on découvrit sa voix exceptionnelle. Le bâtiment est désormais complètement laissé à l'abandon mais Jacques qui est intrépide a découvert une porte ouverte à l'arrière de l'établissement. Il a fallu passer à travers les ronces, les hautes herbes, laisser ses craintes de côté et entrer...

Le pensionnat est devenu un squat et découvrir ce lieu fut à la fois triste et magique, passionnant, émouvant, incroyable.

Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)
Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)

LE CHÂTEAU DE CABRIERES.

C'est le château dont Emma Calvé parle dans le générique de fin. Elle y donna des cours de musique mais en fit aussi un sanatorium pour accueillir les enfants pauvres de Millau.

 

 

Sur les traces d'Emma Calvé -Dilili à Paris (2)

Si la vie d'Emma Calvé est romancée dans Dilili à Paris, il n'en reste pas moins qu'en faisant mon enquête, j'ai découvert la femme forte, intelligente et profondément humaine à l'image du personnage du film.

Au musée de Millau, j'ai rencontré un responsable qui espère désormais recevoir des classes qui auront vu le film car comme dit Marc Aurèle "Bientôt tous t'auront oublié"et grâce à Dilili à Paris, Michel Ocelot fait un pied de nez au philosophe en rendant le plus magnifique hommage qui soit à la cantatrice.

Nathalie Dessay est la voix chantée d'Emma Calvé dans le film.

EMMA CALVE, FORMIDABLE CANTATRICE MILLAU SUD AVEYR

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Passion ciné
Dilili à Paris (1)

Lors du dernier festival, du CINÉMA D'AUTOMNE à Castelnaudary organisé par les Amis du Cinoch', j'ai eu l'occasion de voir à deux reprises et en avant- première le dernier film de Michel Ocelot : DILILI À PARIS. Ce film vient de recevoir un César.

Lors de la première projection, j'accompagnais ma classe à la Halle aux Grains, le cinéma de Castelnaudary. Les enfants ont adoré ce long métrage et ils ont pu poser des question à Jean-Claude Charles l'assistant réalisateur de Michel Ocelot, présent pour l'évènement. Pour ma part, en rentrant, j'ai changé tout le programme des arts et de musique de ma classe pour l'année en cours. Place aux célèbres musiciens, artistes, penseurs, chercheurs... que Dilili rencontre dans le film : Renoir, Monet, Le Douanier Rousseau, Picasso , Toulouse Lautrec, Chocolat, Debussy, Saint Saens, Satie, Bizet, Eiffel, Pasteur, Marie Curie, Louise Michel, Proust, Colette et EMMA CALVE ! UN VRAI BONHEUR!

En dehors de toutes ces pistes pédagogiques exploitables en CM2, l'esthétique du film est EXCEPTIONNELLE!

J'aime particulièrement les films de Michel Ocelot qui sont sublimes, intelligents et universels par leurs thématiques. Je suis très fière et très heureuse de l'avoir rencontré avec Tristan grâce à Denys Clabaut en 2015 alors qu'il était venu à Castelnaudary, on avait discuté un moment avec lui et il nous avait parlé de Dilili à qui il consacrait sa vie, il avait plein d'étoiles dans les yeux. Un moment magique et inoubliable.

DILILI À PARIS est le fil rouge de mon année scolaire et emmène les enfants très loin dans leurs apprentissages (ils ont adoré lire des extraits de Proust, découvrir Emma Calvé etc...), c'est l'amie qu'ils aimeraient tous avoir. En juin, nous organiserons une immense fête où nous présenterons toutes les découvertes de notre année scolaire, nous chanterons Bizet, Le temps des cerises et l'hymne de Dilili que l'on entend dans le film.

NB: Lors de la seconde projection, j'ai eu la chance de rencontrer Prunelle la voix de Dilili qui était présente et à la demande de mes élèves nous avons pris une photo ensemble.

 

Les coulisses de Dilili après la projection
Les coulisses de Dilili après la projection

Les coulisses de Dilili après la projection

Dilili à Paris (1)
Denys Clabaut, JC Charles, et Prunelle la voix de Dilili lors de l'avant première.

Denys Clabaut, JC Charles, et Prunelle la voix de Dilili lors de l'avant première.

AVec Prunelle la voix de Dilili

AVec Prunelle la voix de Dilili

Rencontre inoubiable et très émouvante entre Michel Ocelot et Tristan 09/2015

Rencontre inoubiable et très émouvante entre Michel Ocelot et Tristan 09/2015

09/2015

09/2015

09/2015

09/2015

Dilili à Paris (1)

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #L'école des lettres, #Presse
L'horloge!

L'horloge!

Voici mon dernier article paru dans l’École des lettres. À la fin quelques commentaires sans oublier de nombreux partages.

 

 

Il est difficile pour de jeunes enfants de CM2 à l’aube de la préadolescence d’entrer dans un univers musical qui leur est souvent étranger. Les élèves ont une image de la musique classique – sous toutes ses formes – qui est poussiéreuse et désuète, l’opéra est représenté par la Castafiore ou des dames qui s’égosillent.

 

 

Quand ils connaissent de « grands airs » c’est qu’ils les ont entendus dans des publicités. Les standards tels que le Boléro de Ravel, la IXe symphonie de Beethoven ou la Petite musique de nuit de Mozart sont souvent méconnus. Heureux sont ceux qui peuvent suivre des cours de musique en dehors de l’école. Au fil des années, on peut  malheureusement remarquer que les connaissances musicales sont de plus en plus pauvres.

 

 

L’Enfant et les Sortilèges, fantaisie lyrique composée par Maurice Ravel et dont le livret a été écrit par Colette, peut amener à des travaux complètement différents dès la classe de CM2 : la découverte d’une œuvre littéraire dans son intégralité et celle de l’opéra.

 

 

 

 

Le livret de Colette

En littérature, les enfants peuvent découvrir qui est Colette en lisant en réseau d’autres textes de l’auteur qui sont accessibles (par exemple L’écureuil, extrait de Prisons et paradis).

Quant au texte du livret de l’opéra, il peut être assez aisément théâtralisé. Ce moyen d’expression présente un grand nombre d’avantages pédagogiques :

– en  mettant en scène l’histoire, les enfants s’approprient le texte, mémorisent des répliques, enrichissent leur vocabulaire ;

– ils expérimentent leur voix et la mobilise au bénéfice d’une production expressive.

– ils mobilisent aussi leur corps pour interpréter la pièce ;

– ils doivent enfin mettre en œuvre les conditions d’un travail collectif en se concertant et en écoutant et respectant les avis de leurs camarades. Les élèves découvrent ainsi les règles et les contraintes d’un travail collectif en coopérant.

 

 

 

La musique

Concernant la découverte de l’opéra, il s’agira de le définir, puis d’écouter en suivant le livret la mise en musique du texte, et d’apprendre à utiliser un vocabulaire spécifique. Durant cet apprentissage, les enfants découvriront le célèbre Boléro de Ravel ainsi que d’autres pièces faisant partie du patrimoine musical telles que Carmen de Bizet ou des extraits de La Flûte enchantée de Mozart. La découverte pourra aller jusqu’à découvrir les instruments de l’orchestre et les différentes tessitures de voix.

 

 

La préparation du spectacle

Durant près de six mois, des enfants de CM2 ont travaillé sans relâche pour mémoriser et mettre en scène le livret de L’Enfant et les Sortilèges. Lors de la présentation initiale du texte, je n’ai pas parlé de l’opéra lui-même afin de ne pas les rebuter.

Dans un premier temps, les élèves ont eu sous les yeux la première scène où l’enfant en colère est « en pleine crise de paresse ».

 

 

L’enfant :

« J’ai pas envie de faire ma page
J’ai envie d’aller me promener.
J’ai envie de manger tous les gâteaux.
J’ai envie de tirer la queue du chat
Et de couper celle de l’écureuil.
J’ai envie de gronder tout le monde !
J’ai envie de mettre Maman en pénitence… »

À ce moment-là, la Maman intervient et gronde son enfant désobéissant qui lui répond avec joie et insolence :

« Ça m’est égal ! […]
Je n’aime personne !
Je suis très méchant !
Méchant ! méchant ! méchant !
[…] Hourra ! Plus de leçons ! Plus de devoirs ! Je suis libre, libre, méchant et libre ! »

 

Après une première lecture silencieuse, les enfants voulaient tous lire cette scène à deux voix ! Le côté transgressif du texte leur a plu énormément car si les règles les rassurent, ils aiment imaginer des situations avec des limites qu’ils peuvent franchir grâce à un texte mais qu’ils ne peuvent pas dépasser (en principe…) dans la vie réelle. De nombreux binômes ont été volontaires.

Leur intérêt étant ainsi aiguisé, il a été aisé de leur présenter et de leur faire entendre cette partie dans sa version opéra dont il existe plusieurs enregistrements. Pour la plupart ce fut une découverte intéressante puisqu’ils demandèrent de l’écouter à trois reprises. Ainsi, L’Enfant et les Sortilèges a conquis la classe dès la première séance. La seule réticence initiale de certains enfants était qu’ils devraient monter sur scène pour présenter le texte en pièce de théâtre. Les séances d’entraînement ont ôté rapidement toutes les appréhensions.

 

 

Les autres séances se sont succédé à peu près de la même façon, avec l’écoute active d’extraits judicieusement choisis pour montrer que la musique pouvait décrire des scènes ou des sentiments et des visionnages d’extraits de l’opéra trouvés sur YouTube. En dehors de la mémorisation qui se faisait de façon personnelle, des techniques théâtrales (présence scénique, occupation de l’espace, improvisation, travail de la voix…) ont été suivies régulièrement une fois par semaine.

 

 

Les élèves ont choisi leurs personnages en fonction de l’intérêt, voire de l’affection qu’ils avaient pour eux, du comique de situation, de ce qu’ils pouvaient imaginer pour les représenter au mieux et en fonction de la longueur du texte à mémoriser. La coopération s’est déroulée sous de très bons auspices car il n’était pas question pour eux de mettre en péril une vraie pièce de théâtre où chaque rôle est essentiel. Les enfants répétaient en petit groupe lors des temps d’aide personnalisée à la pause méridienne et ce ne sont que les quinze derniers jours que la « troupe » s’est vraiment formée pour l’enchaînement des scènes.

 

 

La mise en scène a été réalisée volontairement sans fioritures ni artifices. Tous les textes de liaison de la pièce étaient lus par une unique récitante choisie pour ses qualités d’élocution. Lors de la représentation de la pièce, elle demeura sur scène un peu en retrait puisqu’elle ne jouait pas, mais omniprésente. Les enfants ont découvert (à travers les vidéos) que la mise en scène pouvait être tout à fait contemporaine et la classe a réfléchi aux costumes. C’est ainsi que les choix suivants ont été arrêtés en commun :

 

L’enfant portait un jean, une chemise et des baskets et la maman une robe élégante.

 

Le pâtre et les pastourelles étaient vêtus de salopettes et de chemises à carreaux, la princesse portait une robe brillante et un diadème.

 

Le professeur avait mis sa blouse blanche et tenait à la main une équerre et une règle de tableau.

 

Le rossignol était habillé d’une unique couleur avec un chapeau où les filles de la classe avait piqué des plumes, les chauves-souris étaient habillées de noir avec un parapluie uni noir, l’écureuil était vêtu de marron avec un écureuil en paille, la chatte avait des oreilles de félin, la libellule une robe à froufrou et des ailes de papillon, la rainette était verte avec un parapluie vert aux yeux de grenouille.

 

Pour les objets, la bergère et le fauteuil étaient rouges comme les fauteuils en mousse de la classe qui ont servi d’accessoire, la tasse chinoise avait des gants de boxe en raison du texte et la théière était un « enfant sandwich » avec une pancarte où était dessinée la théière, le feu avait un habit de sorcellerie. Quant à l’horloge comtoise, elle avait été réalisée par un grand-père bienveillant avec un système de sonnette de bicyclette pour la faire sonner quand il le fallait. Les chiffres avaient des dossards fabriqués en classe avec des chiffres retranscrits. Les quatre arbres étaient habillés aux couleurs des saisons qu’ils représentaient.

 

Les enfants se sont appropriés très vite le texte qu’ils devaient connaître et de nombreux extraits étaient mémorisés par tous (scène de l’enfant méchant, la tasse et la théière, le petit vieillard et les chiffres, les chauves-souris).

 

Pour donner une respiration au texte, la litanie du petit vieillard sur les mesures a été mise en rap et chorégraphiée par un jeune comédien lui-même et c’est devenu bien entendu le succès de la classe !

 

« Millimètre,
Centimètre
Décimètre,
Décamètre,
Hectomètre,
Kilomètre,
Myriamètre,
Faut t’y mettre
Quelle fête !
Des millions,
Des billions,
Des trillons,
Et des frac-cillions ! »

 

L’autre respiration a été apportée avec la Scène des chauves-souris. La classe dans son ensemble avait appris par cœur  La Chauve-souris et le parapluie de Thomas Fersen. Cette chanson a été interprétée par tous les enfants, car certains avaient peu de texte et ils désiraient être un peu plus présents sur scène.

 

 

La compréhension du texte

L’Enfant et les sortilèges est un texte avec des passages plus ou moins compréhensibles pour de jeunes enfants en raison quelquefois du vocabulaire. L’écueil passé, les élèves en théâtralisant les scènes ont parfaitement compris l’histoire sans qu’il y ait besoin de faire un cours traditionnel de littérature. Leur jeu sur scène montrait que le niveau de compréhension était largement atteint. L’évaluation finale écrite a été quant à elle une totale réussite.

 

 

La représentation 

Les enfants ont réalisé un programme offert aux parents, le rideau rouge du théâtre était fermé, il y a eu les coups de bâton annonçant la pièce. Un cinquième des enfants était sur la scène, les autres seuls dans les coulisses guettant leur tour. Il n’y avait pas d’accompagnants, j’étais dans la salle au premier rang. Lors des répétitions, en tant que metteuse en scène, régisseuse, etc., j’ai tout de suite compris que je pouvais leur faire confiance et les laisser en autonomie. L’Enfant et les Sortilèges était un des très beaux moments de l’année et ils voulaient montrer le meilleur d’eux-mêmes.

Le texte a été présenté à deux reprises : une générale devant leurs camarades et la première devant leurs parents dans sa version intégrale, sans aucune coupure ni bavure.

Alexandra Ibanès

Références

Colette, L’Enfant et les Sortilèges, Jacques Damase éditeur.

L’Enfant et les sortilèges opéra de Maurice Ravel.

Extraits divers de YouTube.

Livret pédagogique de l’opéra de Lille qui offre de nombreuses pistes musicales à exploiter selon le niveau de classe des élèves.

En CM2 : Écoute – sans aucune réticence – de l’opéra en intégralité, du Boléro et de L’heure espagnole de Ravel, du Duo des chats de Rossini, d’extraits de La Flûte enchantée de Mozart, et de Carmen de Bizet.

La Philharmonie de Paris propose des extraits audios et un dossier pédagogique sur « l’Enfant les sortilèges ».

Martine D : Merveilleux article, j'ignorais que c'est Colette qui avait écrit le texte de "L'enfant et les sortilèges" de Ravel...💝💝💝Âgée de 75 ans, pédagogue à la retraite et fille de musicien...ravie d'apprendre cela ! MERCI 💝💝💝💝

Denise T : Une idée à exploiter ???

Martine D: Merveilleux ! Je suis mortifiée de ne pas savoir que c’est Colette qui a écrit le texte de la musique de Ravel « L’enfant et les sortilèges  » Merci !

Odile T : Une expérience passionnante et inoubliable.

 

Colette en CM2

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Le soleil est nouveau chaque jour, #Ils ont dit:
Le soleil est nouveau chaque jour.

CHRISTIAN MONCELET

" Pour la prose poétique , l'adjectif qui me vient est "lumineuse". Seul un amour profond peut inspirer de si belles évocations filigranées, sans pédanterie, d'allusions culturelles. L'hommage à Cadou me touche particulièrement mais aussi certaines célébrations picturales."

MICHEL BELANGER ( Montréal - Québec)

"J'ai visité de loin un peu votre vie, elle me semble si belle. Je sais aussi que le bonheur ça se prend heure par heure et que nager dans ses tourments c'est la noyade assurée. Je vous ai reconnue. Bien mieux qu'une rencontre électronique furtive aux Açores. J'ai vu Lisette qui tanguait, elle semblait heureuse. J'ai vu vos amours et je les voyais virevolter de joie en ciel cathare malgré ces vents malsains qui soufflent sur la planète. Et tout ça dit dans une écriture somptueuse."

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Publié le par alexandra Ibanes
Publié dans : #L'école des lettres, #Presse
Le devoir de mémoire en classe.

Voici mon dernier article paru dans l'Ecole des lettres.

Depuis quelques jours ont lieu partout en France des commémorations célébrant la fin de la Grande Guerre et les médias proposent de multiples articles et reportages… Dans les écoles, chaque classe de CM2 peut mettre à profit la date du 11-Novembre pour expliquer ce qu’est l’armistice et évoquer la première guerre mondiale.

Jusqu’aux programmes de 2016, les leçons d’histoire concernant 1914-1918 dans les manuels scolaires étaient descriptives et linéaires, allant de l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie à Sarajevo à la signature de l’armistice dans un wagon de chemin de fer à Rethondes dans la forêt de Compiègne.

Les enseignants ont désormais pour rôle d’amener les enfants à mieux connaître et comprendre les événements du passé en devenant eux-mêmes de véritables investigateurs de cette période, par la découverte des traces du passé dans leur propre environnement. Cette démarche proactive nécessite une mutualisation des connaissances dont les recherches sont grandement facilitées de nos jours par l’outil numérique. Elle permet aux élèves de mener à leur niveau un passionnant travail de jeunes enquêteurs-historiens.

 

Un constat

Avec les années, la distance avec les deux conflits mondiaux s’accroît et les enfants réagissent différemment de leurs aînés lors des leçons d’histoire. D’une part, de nombreux jeunes garçons sont très attirés par la représentation de la violence des combats et leurs interrogations ne portent plus tant sur les stratégies militaires que sur les détails sordides de leurs conséquences (images des morts et des blessés). D’autre part, (est-ce un déni pour se protéger ?) beaucoup ne font pas de différence entre les films violents et les jeux vidéo qu’ils consomment.

La réalité de la guerre est si terrible qu’il leur paraît impensable que tout cela ait pu exister. Ils ont donc tendance à assimiler les faits historiques à de la fiction. Enfin, ils n’ont plus de témoignages directs dans leur famille et l’histoire contemporaine est remisée à une époque où se côtoient Charlemagne, Louis XIV ou Napoléon… Ils savent que cette guerre a eu lieu mais elle est pour eux d’une réalité si lointaine qu’ils se sentent peu concernés. Paradoxalement, si l’attitude des enfants a changé, ils manifestent néanmoins une curiosité certaine, provoquée en grande partie par une forte résonance médiatique qui les conduit donc à s’intéresser à cette période de notre histoire.

C’est pourquoi l’enseignant peut saisir l’opportunité de la commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale. Voici quelques pistes qui peuvent permettre aux enfants d’approfondir les notions de guerre et de paix et les aider de mieux appréhender leur rôle de futurs citoyens.

Comprendre la Grande Guerre et construire la paix

• Mutualisation des connaissances

Dans un premier temps, les enfants mutualisent des connaissances à travers quatre corpus de documents concernant la guerre en général puisque les raisons qui amènent les hommes à se battre à travers les siècles n’ont jamais vraiment changé.

  • Le groupe 1 travaille sur un dossier qui montre une carte du monde avec ses nombreux conflits et ils doivent en déterminer les causes à partir de documents adaptés à leur âge. Ils dégagent cinq causes essentielles qui sont : les territoires, la politique, la religion, le racisme et le partage des richesses.

  • Le groupe 2, à l’aide d’un corpus de photos légendées découvre que lorsque la guerre éclate dans un pays, la vie de tous les jours est bouleversée, qu’elle fait de terribles dégâts et que malgré les reconstructions, quand elle est terminée, elle laisse de nombreuses cicatrices.

  • Le groupe 3 réfléchit sur un ensemble de textes analysant les raisons pour lesquelles les humains arrivent à être si violents entre eux et d’où leur vient cette violence.

  • Le groupe 4 travaille à partir du journal Un jour une actu consacrée à la construction de la paix avec : un article de presse d’actualité consacrée à la construction de la paix accompagné d’un poster pour aider à mener une enquête sur le monument aux morts de la commune ; une BD sur le thème « C’est quoi, l’armistice de 1918 ? » ; et une photographie décodée pour comprendre l’histoire du soldat inconnu…

Après un affichage des résultats des différentes recherches et deux séances concernant la Première guerre mondiale en classe (chronologie historique de la Grande Guerre et étude de documents sur la différence entre le patriotisme et le nationalisme, la propagande pour les enfants en temps de guerre, la production de véhicules de guerre des usines Renault…). In fine, on pourra proposer aux élèves de découvrir le monument aux morts de leur commune.

Enquête sur le monument aux morts de la commune
et la guerre dans la région

Le livre de Pef, Zappe la guerre (Rue du Monde), peut être une amorce intéressante avant cette visite : à l’occasion du 80e anniversaire de la Première guerre mondiale, à Rezé, 288 soldats sortent du monument aux morts pour vérifier si leur guerre a été utile et a servi à en éviter d’autres. Le début du livre explique l’importance et le rôle du monument aux morts. En enquêtant sur leur région, en produisant des reportages, les élèves apprendront, avec les enseignements de l’histoire, à comprendre le présent.

Après avoir localisé le monument aux morts (sur Google Earth ou Goggle Maps), les élèves tracent sur un plan de la ville le chemin à prendre pour se rendre à celui-ci. Munis d’un questionnaire auquel ils pourront répondre sur place, ils photographient le monument ainsi que des détails de l’édifice. Un résumé ou un article peuvent être rédigé au retour.

Dans un second temps, les enfants découvrent des photos de leur commune ou de leur quartier au temps de la grande guerre (livres, archives, exposition pour le Centenaire) pour montrer que si le front était surtout situé à l’est et au nord de la France, toutes les régions de notre pays ont été  touchées directement ou indirectement.

La littérature pour comprendre la guerre :
Guillaume Apollinaire

2018 est l’année de la commémoration de la Grande Guerre mais aussi celle du centenaire de la mort de Guillaume Apollinaire qui est décédé deux jours avant l’armistice de la grippe espagnole qui l’a terrassé en raison de sa faiblesse due à une blessure reçue deux ans avant, alors qu’il était au front.

Dans le DVD En sortant de l’école (éditions Tant mieux Prod) consacré au poète, quatre poèmes sont exploitables en classe pour mieux comprendre la vie dans les tranchées. Si les textes peuvent paraître de prime-abord difficiles pour de jeunes enfants, leur mise en images facilite grandement leur compréhension. Il faut bien entendu donner au préalable quelques informations sur la vie du poète. Le choix peut se porter sur les quatre poèmes autobiographiques suivants qui ont été écrits sur le front ils décrivent le quotidien de chaque soldat. À travers ces films d’animation diffusés par France Télévision Éducation sur le web, les enfants découvriront la mobilisation, la vie des poilus dans les tranchées, les combats, l’espoir qui fait vivre…

Apollinaire © En sortant de l’école, France TV Éducation

Dans Un oiseau chante, le décor est planté : il s’agit de tranchées dans un paysage désolé, dévasté. On découvre un soldat, sans doute Guillaume Apollinaire lui-même, qui regarde l’intérieur d’un médaillon où il voit un visage de femme : Madeleine Pagès. Un oiseau bleu surdimensionné le regarde. Puis le soldat repense à deux événements. Dans ces deux flashbacks, on retrouve cette jeune femme qui lit dans un train (qui fut le lieu de leur rencontre) puis plus tard leur séparation sur le quai d’un port avec un bateau qui emmène Madeleine à Oran en Algérie où elle vivait, tandis que le soldat  repart à la guerre. Nous le retrouvons dans les tranchées, il est suivi sans cesse par cet oiseau qui représente la femme qu’il aime, qui représente l’amour. Durant les batailles, l’oiseau est là qui le protège et lors des terribles bombardements, il l’aide à survivre. Quand le poème s’achève, Guillaume ferme son médaillon et le décor est encore l’oiseau, symbole de l’amour.

Si ce poème est personnel, il est aussi universel : des situations similaires étaient en effet vécues chez les poilus dans les tranchées.

Apollinaire © En sortant de l’école, France TV Éducation

Dans Mutation, il y a une succession de Eh ! Oh ! Ah ! qui peuvent paraître bien mystérieux pour le lecteur. Le poème raconte l’histoire d’un soldat qui part à la guerre. Sur son chemin il rencontre une troupe de soldats qui obéissent à chaque commandement, puis celle d’un éclusier, puis la vie dans les tranchées au milieu des bombardements et enfin le retour à la maison auprès de la femme qu’il aime. Les Eh ! Oh ! Ah ! exprimés sur différents tons sont aussi tous les mots et les sentiments d’individus devenus presque muets face à la terreur et aux atrocités.

Ce film exceptionnel permet une parfaite compréhension du poème et du climat qui régnait à cette période. Ici encore, l’image est au service du texte pour en renforcer sa compréhension et sa force.

Mutation

Une femme qui pleurait
Eh ! Oh ! Ha ! (soupir de lassitude et de tristesse)
Des soldats qui passaient
Eh ! Oh ! Ha ! (cris du commandement)
Un éclusier qui pêchait
Eh ! Oh ! Ha ! (étonnement d’un moment d’accalmie)
Les tranchées qui blanchissaient
Eh ! Oh ! Ha ! (cris de frayeur)
Des obus qui pétaient
Eh ! Oh ! Ha ! (cris d’appel au secours)
Des allumettes qui ne prenaient pas
Et tout

A tant changé
En moi
Tout
Sauf mon Amour
Eh ! Oh ! Ha ! (soupir d’apaisement et de joie)

 

Apollinaire © En sortant de l’école, France TV Éducation

Fusée signal est descriptif. Des blessés sont amenés à l’hôpital et un soldat, dans une auto, un bandeau autour de la tête (comme la célèbre photo d’Apollinaire quand il fut trépané) découvre hébété des paysages dévastés sous les bombardements. On ignore si l’action se passe le jour ou la nuit, les décors sombres et gris étant seulement éclairés par cette fusée signal. L’infirmière vient à l’arrière pour parler au soldat blessé ; il n’entend rien et lit sur ses lèvres, ce qui donne l’un des plus beaux vers du poème : « Ta langue, le poisson rouge dans le bocal de ta voix ». En classe, on pourra parler du travail des femmes durant la guerre.

Apollinaire © En sortant de l’école, France TV Éducation

Carte postale : une femme attend à la fenêtre l’arrivée du facteur. Sur la table de sa salle à manger, il y a un immense bouquet de fleurs de toutes les couleurs. Dans l’attente de son courrier, elle plie en deux toutes les cartes postales qu’elle a déjà reçues formant ainsi des toiles de campements d’où sortent des soldats avec leurs baïonnettes. L’un d’eux a une fleur au bout du fusil, une fleur identique à celle du bouquet sur la table. On le voit qui écrit dans des paysages dévastés et soudain deux arbres reprennent vie. Toutes les cartes postales avec des photos de l’époque s’animent, des avions décollent et lacèrent d’autres cartes représentant des soldats, des habitations, des couples d’amoureux…

Il n’y a aucun texte dit, seulement une musique inquiétante avec des bruitages qui montent en puissance jusqu’à une fusillade. Un obus éclate et le bouquet de fleur s’ouvre brutalement de façon synchronisée et laisse tomber de nombreux pétales. La canonnade est représentée par la fleur qui fane avant d’avoir été. On frappe à la porte et la jeune femme reçoit une carte avec le poème Carte postale écrit et signé du nom d’Apollinaire.

Cette missive est adressée à Madeleine Pagès. Elle retourne s’asseoir à sa table, le bouquet est toujours fané mais on voit dans un cadre accroché au mur les deux arbres vivants. Elle plie la carte postale et imagine son fiancé Guillaume sous la tente en train de lui écrire à la lueur d’une bougie. Dehors, c’est la nuit, c’est un moment d’accalmie, le ciel est bleu roi et il y a plein d’étoiles.

À la suite de ce poème, une activité décrochée pourra être menée sur l’étude des fleurs pendant la guerre. On pourra évoquer en classe les réalisations que faisaient les soldats lors des périodes d’immobilisation prolongée. Ils se livraient à de véritables travaux d’orfèvrerie, de gravure ou d’ébénisterie avec des douilles ou des débris d’obus. Pour atténuer les douleurs de la guerre, les soldats cultivaient aussi de minuscules jardins souvent éphémères au plus près des tranchées et retrouvaient un monde rural qu’ils avaient quitté. Ils plantaient des pois de senteur, des tournesols, des résédas, du lin… bref, la beauté au milieu de la laideur. Des jardins développés à l’arrière des lignes se retrouvaient dans tous les pays engagés dans le conflit (cf. Plantes de poilus, la fleur au fusil, de Denis Richard, Éditions Plume de carotte).

Après avoir fait comprendre aux élèves que le conflit a été marqué par une violence massive et extrême et qu’ils auront construit des repères temporels et mieux compris le quotidien des combats tant sur le front qu’à l’arrière, des productions pourront être proposées en classe.

Faire un débat à visée philosophique :
la mémoire et l’oubli

La discussion à visée philosophique permet de développer la réflexion critique en confrontant ses jugements à ceux d’autrui dans un débat argumenté. Les enfants sont amenés à réfléchir sur la mémoire et l’oubli en prenant la parole devant autrui, en écoutant autrui et en apprenant à justifier un point de vue.

Voici quelques questions qui pourront être posées aux élèves : À quoi sert la mémoire ? Peut-on décider d’oublier ? Y a-t-il des méthodes pour se souvenir ?

L’objectif est de faire comprendre aux élèves qu’en se souvenant on arrive à mieux se connaître et mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Les enfants seront amenés aussi à débattre sur la mémoire partagée (commémoration historique) pour comprendre que chaque pays a des événements à fêter, que chaque ville a ses monuments afin que la population partage les mêmes souvenirs et que chacun se sente relié aux autres par la même histoire dans une perspective de vivre ensemble et de consolider la paix.

À la fin de la séance les enfants pourront confectionner des colombes en origami et attacher à chacune d’elle une phrase ou un petit texte du message qu’ils aimeraient transmettre aux dirigeants du monde pour qu’il n’y ait plus de guerre …

Lire des poésies pour la paix

Un choix de plusieurs poèmes pourra être proposé aux élèves, par exemple : Le plus important d’Alain Bosquet, La blanche école de René-Guy Cadou, Après la pluie de Gianni Rodari, L’amour blessé de François David, La grande chanson d’Armand Monjo, Les maisons de Michel Cosem, Je dis douceur de Guillevic. Après lecture, les enfants pourront en sélectionner un, l’apprendre par cœur et écrire une lettre fictive à leur auteur pour dire pourquoi ils aiment ce texte.

Mettre des livres à la disposition des élèves

Durant une longue période les enfants auront une boîte à livre dans la classe qui évoque la Grande Guerre. Ils y trouveront notamment les ouvrages suivants :

La vie des enfants. La grande guerre 1914-1918, de Philippe Godard (Sorbier) ; On n’aime guère que la paix, de Jean-Marie Henry, Alain Serres et Nathalie Novi (Rue du monde) ; Zappe la guerre, de Pef (Rue du monde) ; La Grande Guerre expliquée à mon petit-fils, d’Antoine Prost ; L’Album de la Grande Guerre, de Jean-Pierre Verney avec une paire de lunettes stéréoscopiques et 35 photographies originales (Les Arènes) ; L’Histoire de France en BD. 14-18, de Dominique Joly et Bruno Heitz (Casterman) ; Lulu et la Grande Guerre, de Fabian Grégoire (l’École des loisirs) ; Sylvestre s’en va-t-en guerre, de Stéphane Heinrich, Kaléidoscope.

Alexandra Ibanes

Vidéos et bibliographie

Le blog du CM2 de l’école Sévigné, à Narbonne.

Un jour une question. À quoi ça sert de se souvenir de la première guerre mondiale ? (France Télévision).

C’est pas sorcier. La grande guerre (France 3).

En sortant de l’école, Saison 3 Guillaume Apollinaire (Tant Mieux Prod).

– Manuel d’Histoire-Géographie CM2, Nathan, collection « Panoramas ».

– Filotéo, n° 175, Non à la guerre.

1jour1actu Enquête sur le monument aux morts de ta commune (dossier pédagogique) ; Les enfants pour la paix.

I-Profs, fiches pédagogiques sur « Zappe la guerre », de Pef.

 

Voir sur ce site

L’enseignement de la Grande Guerre de 1914 à nos jours. Entretien avec Benoit Falaize, par Alexandre Lafon.

« À l’Est la guerre sans fin, 1918-1923 ». Aux racines du siècle présent, par Norbert Czarny.

Lire et étudier «Ceux de 14». Hommage à Maurice Genevoix, cent ans après, par Alexandre Lafon.

Commémorations du 11-Novembre : questions-réponses à l’usage des enseignants.

Pourquoi commémorer la Grande Guerre.

1918-1919 : de l’armistice à la paix.

Qu’est-ce qu’un monument aux morts. Projets pédagogiques et culturels.

« Au revoir là-haut », d’après Pierre Lemaitre. Mises en mots et en images de la Grande Guerre : du roman à son adaptation en bande dessinée et au cinéma, par Alexandre Lafon.

« Au revoir là-haut », de Pierre Lemaitre et Christian De Metter. Une leçon graphique, par Marie-Hélène Giannoni.

14-18. Écrire la guerre. Un numéro spécial de « l’École des lettres ».

et les nombreux articles publiés dans
l’École des lettres

14-18. Écrire la guerre, l'École des lettres

 

Le devoir de mémoire en classe.
Le devoir de mémoire en classe.

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #C'est une maison bleue, #TOC: Troubles obsessionnels culinaires
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!

Dans les troubles obsessionnels culinaires de la famille Rhinocéros, il y a le SUPER BIG JACK! Ce plat américano-castansol de la Montagne noire se déguste la plupart du temps le 24 août, jour de l'anniversaire de RHINOROCK, je veux dire Tristan! Ce jour-là, à sa demande avec des produits du jardin et des pièces de boucher, notre laboratoire se transforme en fast-food montagnard pour son plus grand plaisir! Le SUPER BIG JACK créé il y a 7 ans par Jacques Ibanès (d'où le nom du burger!) est accompagné de frites tranchées une à une à la main. Pour le dessert, rien de très compliqué, c'est une charlotte aux griottes que je devrai confectionner tant que je vivrai. C'est le gâteau d'anniversaire!

Cette année, nous avons décidé que nous fêterons désormais à chaque anniversaire nos deux naissances, celle de Tristan et celle où je suis devenue Maman...

C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!
C'est une maison bleue...Le SUPER BIG JACK!

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Quand je chante...
Salut Jeff!

Salut Jeff,

Notre maison bleue où tu étais venu est bien triste aujourd'hui. Nous avons appris que tu avais décidé de nous quitter un peu plus tôt que prévu... En pleurant doucement ton départ, j'ai repensé à nos différentes rencontres. Je ne te l'ai jamais dit  mais lorsqu' avec Tristan nous sommes arrivés à ABC MUSIC, j'ai tout de suite su qu'il y avait un guitariste qui avait bien connu Daniel Balavoine, que j'aime depuis toujours... On me disait que tu étais drôlement sympa et que tu accepterais de m'en parler si je venais te voir...  J'ai mis plus d'un an pour franchir le pas, j'étais très intimidée, tu te serais bien moqué de moi si tu avais su ça! Puis, il y a eu l'enregistrement du CD de Jacques qui venait dans ta maison-studio pour chanter Apo. Je me souviens parfaitement du jour où l'enregistrement s'est fini, c'était un jour de Pâques et j'avais amené ma fameuse tourte qui empêche les morsures de serpent pour une année, j'aurais sans doute dû t'en faire une lors des dernières fêtes pascales, elle t'aurait peut-être protégé! Ces légendes réchauffent le cœur quand on en a besoin. Ah, Jeff! Je me souviens aussi de tes coucous intempestifs lors de mes cours de flûte avec Sandra, de tes chaussures dandy aux lacets orange, de tes lunettes de soleil portées du mauvais côté pour faire un pied de nez aux bien pensants... Je me souviens du fou rire que j'ai eu quand tu m'as raconté tes aventures musicales avec Hervé Vilard que tu as longtemps accompagné, de tes concerts avec Christophe, Paul Personne... Désormais, je ne te verrai plus la clope au bec sous le soleil, la pluie ou le Cers lorsque je viendrai prendre mes cours de flûte, tes saluts quand je serai dans "l'aquarium" en train de jouer, me manqueront... Je sourirai seulement quand j'irai dans la salle du fond papoter avec l'un ou l'autre et que je verrai ton superbe tapis où j'ai failli me casser plusieurs fois la figure, tu sais le tapis avec lequel tu avais fait l'Olympia et qui me donnait des ailes quand je jouais dessus, nous en avons si souvent ri. Je te quitte en fredonnant VENDEUR DE LARMES album et chanson de Balavoine auxquels tu avais participé. Il t'avait accueilli six mois chez lui, c'est que tu étais un chic type...Aujourd'hui, tu as joué au vendeur de larmes chez nous, ce n'est pas très malin et quand on écoutera désormais le CD de Jacques, ce sera une part de toi qui continuera à vivre dans nos cœurs. 

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