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Madame Rhinocéros

Madame Rhinocéros

Les surprises de la vie...

Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Entrée des artistes
Face à face entre Louis Jammes et Basquiat
Face à face entre Louis Jammes et Basquiat

J'étais en train de me promener dans les rue de Vence quand une affiche a attiré mon attention: Exposition de WARHOL à BASQUIAT du 20 février au 22 mai 2016. Comme nous étions sur la Côte d'Azur pour aller à la rencontre des peintres, nous avons décidé d'aller voir cette expo.

Dès mon arrivée au musée, j'ai découvert avec bonheur des photos de Louis Jammes, j'ai immédiatement reconnu son travail. Face à ses clichés : Basquiat! J'ai été ravie de voir ces deux artistes-amis dans la même salle.

J'ai continué la visite et j'ai découvert le célèbre portrait de Lou Reed...

Suite à l'accueil que Louis Jammes a reçu à L'Aspirateur de Narbonne, je ne souhaite pas rentrer dans la polémique mais je veux signaler que cet artiste a su trouver sa place, à Vence, dans une exposition aux côtés de Basquiat et Warhol . Ainsi chacun peut se faire son avis et en tirer des conclusions.

Si l'exposition à Vence n'est pas celle qui devait être présentée à Narbonne , les photos de Jammes sont mises en valeur et la présence de l'artiste y est très forte et nécessaire.

Né en 1958 à Carcassonne, Louis Jammes vit et travaille à Paris. Au début des années 80, il commence par photographier des artistes célèbres comme Julian Schnabel, Keith Haring, Jean-Michel Basquiat, Robert Combas, ou encore Andy Warhol, plongés dans un décor fabriqué rappelant l'univers de leur œuvre. Jammes cherche aussi à explorer le monde à travers son objectif, « à rendre compte du temps présent » : il mélange alors photographie et peinture, descend dans la rue et fait le portrait des Bag People à Barbès, des anonymes posant devant un décor peint, qu'il change ainsi en héros le temps d'une séance photo. Il se lance ensuite dans le domaine du reportage documentaire et part dans des pays ravagés par des guerres ou des fléaux..

De Warhol à Basquiat : Les chefs-d’œuvres de la collection Lambert / Musée de Vence – Fondation Emile Hugues / 20 Fevrier – 22 Mai 2016.

FIGURATION LIBRE

Ainsi, c’est la troisième fois qu’Eric Mézil, l’irremplaçable commissaire des expositions de la collection Lambert d’Avignon, organise au Château de Vence – bâtisse léguée par l’ancien Maire et Ministre Emile Hugues – une exposition tout à fait remarquable.

Cette fois ci, ce ne sont rien moins que « les chefs d’œuvres » de la collection qui sont exposés dans cette magnifique bâtisse à taille humaine qu’est ce château. Il faut d’ailleurs saluer l’audace conjuguée d’Eric Mezil et du Maire de Vence d’offrir de tels chefs d’œuvres dans cet écrin qui ne peut que favoriser la compréhension des toiles ou installations exposées.

Connue et intrigante, on ne boudera pas notre plaisir de retrouver dès les premières salles à l’étage Oasis du lithuanien Zilvinas Kempinas où une bande magnétique en forme de cercle flotte par le seul flux d’un ventilateur qui lui souffle juste assez d’air pour la laisser errer dans l’atmosphère. Lorsqu’on la regarde longtemps, on ressent la même plénitude que face à un jardin zen…

Si on médite volontiers devant cette installation simple, cela ne doit pas nous éviter de goûter l’immense joie de retrouver des œuvres réunies ici côte à côte pour faire ressortir à la fois la créativité d’une époque mais la cohérence des choix d’Yvon Lambert. Ce véritable visionnaire des mouvements qui vont inonder le marché de l’art et de la création sera, rappellerons le, l’un dès sinon le principal découvreur de talents qui appartiennent pour toujours à l’histoire de l’art…

Avant de rentrer dans le vif du sujet de cette exposition, dire combien il est bon de retrouver dans une pièce tout un ensemble de toiles de Jean-Charles Blais, lui aussi enfant – adoptif – du pays. De même, le plaisir de voir – et revoir – certaines des dernières toiles de Cy Twombly, faites d’immenses gestes circulaires, saturés de couleurs, monochromes, tantôt rouge, tantôt bleu… Pas de mots non plus pour dire notre plaisir de voir des pièces comme celles de Robert Mangold, Bruce Nauman ou Jonathan Monk.

Une salle entière rassemble tout ces courants du Land art et de l’Arte Povera, de Penone à Long, dont les œuvres apportent une liberté, un souffle qui donne envie de voyager, de partir loin…

Mais le clou de cette exposition, ce sont les œuvres de et autour de Basquiat, telle cette photo de Louis Jammes le montrant, corde au cou. Le regard de ce jeune peintre haïtien – mais n’a y-il jamais eu le temps de devenir vieux, sachant qu’il est mort à 28 ans… – est si troublante de si près, trônant dans la salle qu’on comprend aisément la fascination qu’on pouvait porter à ce personnage talentueux mais destructeur. Eric Mezil nous permet de revoir le film de Julian Schnabel sur Basquiat (où Bowie joue Warhol !)… Tant d’autres œuvres exposées permettent d’évaluer à sa juste valeur les temps forts de la vie du peintre intimement liées à l’art moderne…

Dans la salle adjacente, comme pour faire planer l’esprit de mort qui accompagne les deux artistes que sont Warhol et Basquiat, le retour de Paris de toiles de Warhol sur la chaise électrique… Sérigraphies multipliées à l’envi, colorisées dans ces monochromes devenus célèbres, mais qui n’élèvent pas l’horreur de l’objet même… Dans cette pièce, on retiendra cette cage en fer immense et réaliste au milieu de laquelle traîne une couverture de survie… De toutes les propositions faites par Eric Mézil, c’est sans doute cette pièce qui touche le plus et fait comprendre la brièveté de notre passage sur terre… Basquiat mort d’une overdose dose, Warhol rescapé d’un attentat… Autant de signes qui n’annoncent pas des jours meilleurs, loin s’en faut….

Pour finir en beauté, ne ratez pas le gisant d’Adel Abdessemed… magnifique, fait d’un seul geste, d’une force incroyable… Et si vous voulez vous faire susurrer des mots d’amour, passez absolument à La Chapelle des pénitents blancs voir l’astucieuse et romantique installation de François-Xavier Courreges, rarement visible mais particulièrement à son avantage dans cette petite chapelle…

E. Spaé

Jammes

Jammes

Basquiat par Jammes

Basquiat par Jammes

Lou Reed par Jammes

Lou Reed par Jammes

Basquiat

Basquiat

Basquiat

Basquiat

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Presse, #Vivre livre
Pour te nommer

Article paru dans la revue TEXTURE : http://revue-texture.fr/pour-te-nommer.html

Illustré en couverture comme ses « Instants bretons » par Mona Stockhausen, ce recueil, « Pour te nommer », est publié comme quatre ou cinq autres de Jacques Ibanès, poète, prosateur, compositeur et chanteur, par les Amis de la Poésie de Bergerac, dans leur collection le Poémier de plein vent.
Si nous sommes loin de ses évocations réussies de Narbonne (« Je t’écris de Narbonne ») ou de Tolstoï (« Victor Lebrun, 10 ans avec Tolstoï » , nous le sommes beaucoup moins du dernier opus de notre auteur, puisque celui-ci, « L’Année d’Apollinaire. 1915, l’amour, la guerre » était un roman consacré à un amoureux fervent, pour ne pas dire ardent (lire ici ). Or le dernier recueil de poèmes de Jacques Ibanès est un bouquet déposé aux pieds de sa bien-aimée. Nommons-là, puisqu’il ne s’en prive pas : Alexandra. Les poèmes qu’il lui dédit date de leur rencontre, ce qui n’est pas bien vieux, mais il a épousé depuis celle qui le fait « appareiller vers des horizons à toujours réinventer ».
L’ayant célébrée lettre après lettre en mêlant haîkus (« de matin heureux »), tankas dessinant la carte du Tendre, à d’autres poèmes assez brefs, il évoque des lieux (le village de Castans, dans la Montagne Noire, Saint-Jean-de-Luz, Cahors, etc.) et des souvenirs qui leurs sont chers avec une belle ferveur - « j’arbore des fanions de joie » écrit-il en ouverture – et dans la même langue charnue des « pleines saisons », l’ivresse des « douceurs lilas ».
La sérénité amoureuse et l’érotisme baignent l’écriture de ce passionné d’Apollinaire qui s’emploie à ce que « l’ardent royaume » du sexe ait sa part dans ces fêtes lumineuses. Et il ne m’étonnerait pas qu’en vrai « rhapsode fantasque » il les mette en musique et en voix avant longtemps pour mieux les incarner.

M.B.

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #TOC: Troubles obsessionnels culinaires
TOC: Manger à la table d'Esclarmonde de Foix

Quand vous arrivez à la table de Dame Béatrice et de son preux chevalier Bernard, il n'y a pas besoin de décoration ostentatoire dans la présentation du menu médiéval dont on va vous régaler. Les artifices sont inutiles et seraient de toute évidence malvenus pour déguster les mets si bien cuisinés (qu'elle rend compatibles avec les goûts de notre époque sans rien trahir cependant ). La maîtresse de maison ne soufflera jamais dans une corne pour sonner l'heure du repas et je l'en remercie.

Tout se passe ainsi dans la maison d'hôtes LES CHAMBRES DES DAMES de Rieux Minervois.

Cliquer :Les Chambres des Dames – Maison d'hôtes en Haut ...

Comme cette belle bâtisse est composée de quatre chambres dédiées à des femmes d'exception et de différentes époques ( Esclarmonde de Foix pour le Moyen âge, Artemisia Gentileschi pour la Renaissance, George Sand et Karen Blixen), Béatrice et Bernard ont la merveilleuse idée de proposer à leur clientèle des menus honorant ces égéries et ces époques dans la plus grande convivialité.

Ainsi, il m'a été donné, dernièrement, de déguster le repas médiéval d'Esclarmonde de Foix. J'ai particulièrement apprécié ce dîner servi dans une magnifique vaisselle en céramique créée par Béatrice elle-même. Chaque pièce est unique, tout n'est que bon goût et les plats sont succulents.

Nos hôtes qui sont aussi passionnés par l'époque du moyen âge et par la cuisine ne sont pas à cours de conversation pour qui s'intéresse à ces temps reculés et toutefois raffinés.

J'ai personnellement été fascinée par la créativité du menu tiré d'un livre ancien de recettes médiévales et je remercie Béatrice de ne pas être tombée dans un "folklore" qui aurait gâté les plaisirs de la bouche. Ici, la cuisine et le bon vin servi à discrétion se suffisent à eux-mêmes.

Le menu:

Clairet ( vin aromatique maison )

Arboulaste en tarte ( Délicieuse tarte aux herbes accompagnée de sa salade à la menthe et d'une sauce tout simplement divine)

Civet de cochon ( INOUBLIABLE) et sa purée maison de pois cassés

Millard de cerises ( flan d'une très grande onctuosité)

Chaque plat peut être agrémenté de son histoire, de sa confection ou d'une anecdote car on devine que Béatrice aime partager son amour de la cuisine.

Il me tarde désormais de voyager en Renaissance, de me mettre à la table de George Sand et de m'extasier devant Le festin de Babette avec Karen Blixen.

Ballade des Dames du temps jadis de François Villon.

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

TOC: Manger à la table d'Esclarmonde de Foix
Clairet

Clairet

Mise en bouche

Mise en bouche

Arboulaste en tarte

Arboulaste en tarte

Purée de pois cassés

Purée de pois cassés

Civet de cochon

Civet de cochon

Millard de cerises

Millard de cerises

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Autres
Le petit train de Marie Rouanet

Quand nous avons lu cet article, nous avons acheté des billets et nous sommes partis à l'aventure pour une escapade de rêve. D'ici l'automne cette ligne n'existera plus comme la bauxite et le charbon... Partis de Béziers, nous nous sommes arrêtés une bonne heure à Bédarieux avant de prendre une correspondance qui nous a conduits à Saint -Rome.

Le Temps nous égare

Le Temps nous étreint

Le Temps nous est gare

Le Temps nous est train

Jacques Prévert.

Partis de Béziers , nous voilà à Bédarieux!

Partis de Béziers , nous voilà à Bédarieux!

Le petit train de Marie Rouanet
Ouvrir les yeux et redécouvrir Bédarieux.

Ouvrir les yeux et redécouvrir Bédarieux.

Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
En attendant le train...

En attendant le train...

Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
Saint-Rome ! Tout le monde descend!

Saint-Rome ! Tout le monde descend!

Le petit train de Marie Rouanet
Sainte-Eulalie-de- Cernon

Sainte-Eulalie-de- Cernon

Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
Le petit train de Marie Rouanet
Repas aveyronnais digne d'un jour de fête!

Repas aveyronnais digne d'un jour de fête!

Excellent aligot!

Excellent aligot!

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Publié le par alexandra ibanès
Publié dans : #L'école des lettres, #Vivre livre
Le livre sonore raconté par les enfants dans L'ECOLE DES LETTRES.

http://www.ecoledeslettres.fr/actualites/arts/audio/le-don-de-voix-enregistrement-dun-livre-sonore-en-cm2-a-sevigne-narbonne/

Depuis deux années, la classe de CM2 dont j’assume la responsabilité réalise des livres sonores pour les non-voyants ou des personnes souffrant d’un fort handicap visuel.

Enseigner la littérature à l’école primaire c’est aussi partager de beaux textes et avoir toujours à cœur de prodiguer cette passion des mots à travers des lectures orales.

Lire à voix haute n’est pas seulement dire un texte mot à mot. Il y a derrière cette discipline tout un travail de compréhension, d’expression, de diction. Lorsqu’on lit oralement, on effectue trois opérations :

• une lecture visuelle silencieuse avec une attribution de sens ;
• une opération de diction où l’on dit ce qu’on a lu et compris ;
• une opération de rétroaction qui prend en compte l’effet produit sur soi-même ou sur l’auditoire.

Les enfants ne donnent pas toujours du sens à cette activité de lecture qu’ils trouvent souvent ennuyeuse.

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Pourquoi concevoir un livre sonore ?

Qui dit lecture orale, dit destinataire ! Lors d’une rencontre à la médiathèque avec l’Association narbonnaise des donneurs de voix, il a été convenu d’un commun accord de mener une action de partenariat entre ma classe et cette structure. Ce projet de lecture en lien avec les programmes de l’Éducation nationale est devenu un acte ancré dans la réalité sociale. Une collaboration harmonieuse s’est tout de suite créée entre l’école et la bibliothèque sonore.

Avant d’enregistrer le livre sonore avec le logiciel Audacity, les enfants ont travaillé durant plusieurs mois la lecture orale en respectant des critères précis : bien connaître le texte, s’entraîner à articuler les mots difficiles pour ne pas les accrocher lors de la diction, varier le ton, enchaîner les mots, marquer des silences.

Pour atteindre ces objectifs, ils se sont évalués entre eux avec vigilance et ont progressé au fil de leurs lectures.

Le don de voix a permis aux enfants de devenir exigeants envers eux-mêmes et on sent, lors de l’écoute des enregistrements, un profond plaisir de dire.

L’enregistrement regroupant ces lectures a été présenté par la classe à l’association lors d’un après-midi au cours duquel les enfants ont lu en public quelques extraits de leur production.

La fraîcheur des voix enfantines a séduit les auditeurs ainsi transportés dans le monde de l’enfance et cette circonstance a permis de créer un lien intergénérationnel profitable tout à la fois aux non-voyants et aux enfants.

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Quels textes choisir ?

Le choix des textes a été réalisé en fonction du lectorat. Les audio-lecteurs sont pour la plupart des personnes âgées devenues non-voyantes au fil du temps ; elles ne maîtrisent donc pas le braille et leur seule possibilité de demeurer en contact avec les textes est d’écouter des livres sonores.

Le travail d’enregistrement a demandé beaucoup de temps et de patience. Les élèves ont souvent été impressionnés par le matériel ou émus d’enregistrer un texte qui sera conservé et écouté.

Leur exigence les a poussé à recommencer de leur propre chef leurs lectures à plusieurs reprises, tant il est vrai que s’entendre développe l’esprit critique.

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À la redécouverte des trésors de la langue française

En outre, l’enregistrement d’un livre sonore est une occasion de redécouvrir les trésors de la langue française et de faire revivre aux audio-lecteurs un peu du temps passé avec des mots retrouvés de textes inscrits dans la mémoire collective. Le choix arrêté avec l’accord des enfants pour l’opus « Les poètes de A à Z » est un florilège de poèmes très connus (« Le Dromadaire », d’Apollinaire ; « Liberté », de Paul Eluard ; « Le Corbeau et le Renard », de La Fontaine, « Conversation », de Jean Tardieu ; « Rondeau », de Charles d’Orléans, etc.).

Pour enregistrer des textes avec des enfants, il est en effet préférable de choisir des textes courts. Cet éventail d’auteurs leur a permis par la même occasion de se créer une première anthologie poétique. La présentation du prochain livre a eu lieu à la médiathèque de Narbonne, en partenariat avec l’association, lors du Printemps des poètes.

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Quelques exemples d’enregistrements
de contes africains par les élèves
de CM2

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Témoignages d’enfants

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Avant de débuter le projet, j’ai demandé à la responsable de la bibliothèque sonore de rencontrer mes élèves pour lever le voile sur toutes les questions possibles. Mme France Charles, qui est une des responsables de la bibliothèque sonore de Narbonne, est venue nous rencontrer et une interview a été réalisée par ceux-ci.

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E.M. – Pourquoi dit-on « bibliothèque sonore » ?

France Charles. – Car c’est un livre que l’on lit avec ses oreilles. Des personnes qui aimaient lire ont perdu la vue petit à petit. Elles ont tout d’abord lu avec des lunettes, puis elles sont passées à la lecture de livres en gros caractères et c’est devenu de plus en plus difficile. Ces lecteurs ont souvent envie de relire des livres qu’ils ont aimés. Au tout début, quand la bibliothèque sonore est née, on a enregistré sur des cassettes.

Y. – Qu’est-ce qui vous a donné envie de lire ?

J’étais professeur avant d’être en retraite, j’aimais lire avec mes élèves, j’aimais le théâtre. Il fallait bien articuler, capter l’attention, bien lire. Être lecteur à la Bibliothèque sonore, c’est un désir d’aider les autres, de partager les livres qu’on aime, qu’on a envie de communiquer.

A. – Depuis quand y a-t-il la bibliothèque sonore à Narbonne ?

Depuis 1983, on vient de fêter les trente ans et cela fait quarante ans que ça existe en France. Il y a à présent 115 bibliothèques en tout.

D. – Combien de personnes bénéficient des livres sonores ?

Dans l’Aude, il y en a 115 alors que 1 500 pourraient en emprunter.

M. – Est-ce que vous fournissez des livres aux maisons de retraite ?

La Bibliothèque sonore de Perpignan le fait.

A. – Combien y a t-il de livres sonores ?

Il y en a 1 700, enregistrés au format MP3.

P. – Y a-t-il de gros livres ?

Oui, parfois des livres énormes, de 600 pages.

A. – Combien peut-on emprunter de livres par an ?

Les lecteurs prennent en général quatre ou cinq livres par mois.

D. – Faites-vous des livres en braille ?

Non, car les enfants très jeunes apprennent à lire en braille dans des institutions et ils ne viennent pas emprunter de livres sonores.

(Par la suite, Mathilde empruntera des livres en braille à la médiathèque pour les présenter à la classe.)

Y. – Où se trouve la bibliothèque sonore ?

Rue Paul-Louis-Courier. Certains découvrent la Bibliothèque sonore en passant dans la rue.

E.P. – Vous êtes contente de faire des livres sonores ?

Je ne pourrais pas m’en passer.

E. M. – Y a-t-il d’autres écoles qui réalisent des livres sonores ?

Vous êtes des pionniers !

D. – Qu’enregistrez-vous?

Des poèmes, des essais, des livres d’aventures, de religion, de philosophie… et depuis dix ans des magazines et des hebdomadaires. On a aussi Tintin et le lotus bleu !

A. – Si le livre est gros, comment faites-vous ?

Auparavant un livre pouvait nécessiter vingt-six CD audio, maintenant il suffit d’un CD au format MP3.

M. – Comment choisit-on un livre si on ne voit pas ?

On a créé le Magazine de la Bibliothèque sonore de Narbonne qui paraît tous les trois mois avec le titre, le nom de l’auteur, le résumé des derniers livres.

A. – Et si le livre qu’on veut n’y est pas?

Les bibliothèques sonores sont un réseau, on peut l’emprunter et le graver. C’est un véritable échange, on découvre des livres d’auteurs qu’on aurait peut-être jamais lus.

Q. – Et si on a du mal à lire et qu’on voit, on peut emprunter les livres?

Oui, mais il faut un certificat médical. On peut prêter des livres à des personnes handicapées qui ne peuvent pas utiliser leurs mains pour tourner les pages ou à des personnes qui ont de gros problèmes de lecture.

A. – Est-ce qu’il y a des bibliothèques sonores dans d’autres pays?

Je crois qu’il va falloir faire une recherche sur internet, mais sans doute…

A. – Y a-t-il des livres dans plusieurs langues?

Non car il n’y a pas de demande.

E.M. – Y a-t-il beaucoup de personnes âgées ?

Oui de 60 à 95 ans.

P. – Combien êtes-vous dans l’association?

Il y a vingt-cinq donneurs de voix et quinze donneurs de temps pour assurer les permanences. On échange beaucoup sur les livres.

A. – En 4e, on doit faire des stages, pourriez-vous nous accueillir ?

Oui volontiers. Vous savez, ces personnes sont seules, elles manquent de relations, on organise des sorties, des rencontres, des tables rondes, on parle de choses et d’autres.

J. – L’association s’arrêtera-t-elle un jour ?

Jamais, sauf quand il n’y aura plus de non-voyants !

A. – Utilisez-vous un logiciel spécial ?

Nous utilisons Audacity. Nous enregistrons chez nous quand nous le pouvons. Cela prend beaucoup de temps. Pour dix minutes de lecture, on ne lit que quatre pages. On passe quatre fois plus de temps que pour d’une lecture normale. Il faut corriger et gommer les bruits d’un bébé qui pleure, d’un klaxon dans la rue, d’un chien qui aboie… Il faut sélectionner, réécouter, contrôler les silences…

Médiathèque du Grand Narbonne

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Témoignages

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D . – Pour le projet de l’enregistrement du livre sonore, une bénévole est venue dans la classe. En discutant avec elle, nous avons appris qu’un lecteur avait enregistré « Tintin et le lotus bleu », que ce livre sonore était bien et qu’elle allait nous l’envoyer. Un matin, la maîtresse nous a dit qu’il était arrivé, on a écouté le début en fermant très fort les yeux. Ensuite elle nous a donné deux passages de la bande dessinée et on a fait la comparaison en réécoutant les deux premières pages. Le monsieur précisait le numéro des vignettes, les couleurs, il décrivait les personnages puis disait enfin les paroles. Cela était très intéressant.

A et Y. – On ne connaissait pas la bibliothèque sonore, mais maintenant ça nous intéresse beaucoup, ça nous tient particulièrement à cœur de pouvoir aider des non-voyants et de faire plaisir aux gens qui n’ont plus la possibilité de lire. C’est un peu comme s’ils tenaient un livre.

Depuis ces deux premiers enregistrements, une classe de collège de Port-La Nouvelle a également enregistré un livre sonore. Gageons que dans les prochaines années, d’autres établissements suivront.

Alexandra Ibanès, enseignante en CM2 à l’école Sévigné, Narbonne.

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La collection « Chut! »
de l’école des
loisirs propose
des livres lus
pour les trois à douze ans et plus, pour la plupart sélectionnés par le ministère de l’Éducation nationale
et accompa
gnés de pistes pédagogiques.

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #TOC: Troubles obsessionnels culinaires

Mettre de la poésie dans les gâteaux m'amuse énormément et me rend heureuse. Même "customisées", ces pâtisseries sont absolument délicieuses. J'ai des dizaines d'idées pour les semaines à venir et je n'ai aucune envie de me débarrasser de ce T.O.C ( Trouble Obsessionnel Culinaire).

Gâteau réalisé pour le départ de l'Odysette, il a même été filmé pour une chaîne de télé locale. L'écume de la mer est en sucre glace!

Gâteau réalisé pour le départ de l'Odysette, il a même été filmé pour une chaîne de télé locale. L'écume de la mer est en sucre glace!

Neige de sucre glace pour PASSION TOLSTOÏ.

Neige de sucre glace pour PASSION TOLSTOÏ.

Gâteau de Pâques au citrons confits.

Gâteau de Pâques au citrons confits.

TOC: Croquer la vie et la poésie à pleines dents...
Gâteau Apollinaire pour la sortie du livre de Jacques Ibanès.

Gâteau Apollinaire pour la sortie du livre de Jacques Ibanès.

TOC: Croquer la vie et la poésie à pleines dents...
Gâteau Jackie Couture pour mon amie qui est la reine des ourlets et de la broderie.

Gâteau Jackie Couture pour mon amie qui est la reine des ourlets et de la broderie.

TOC: Croquer la vie et la poésie à pleines dents...

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Publié le par alexandra collet
Publié dans : #Ecrire, #Le soleil est nouveau chaque jour
 Le soleil est nouveau chaque jour - Editions Le Serpolet.

Recevoir le prototype de mon prochain livre LE SOLEIL EST NOUVEAU CHAQUE JOUR, corriger quelques coquilles et virgules et profiter du printemps en attendant la publication...

Redevenir héliotrope le temps d'une dernière relecture et me tenir, à nouveau, de page en page auprès de mon Bel Ami dans un parfum fulgurant de plaisir et de volupté...

Revivre par les mots mes bonheurs passés, présents et à venir avec un regard net comme un tournesol et me souvenir de ce poème qui a guidé inconsciemment mon écriture...

Mon regard est net comme un tournesol

Mon regard est net comme un tournesol,
J’ai l’habitude d’aller par les chemins,
Jetant les yeux à droite et à gauche,
Mais en arrière aussi de temps en temps…
Et ce que je vois à chaque instant
Est ce que jamais auparavant je n’avais vu,
De quoi j’ai conscience parfaitement.
Je sais éprouver l’ébahissement
De l’enfant qui, dès sa naissance,
S’aviserait qu’il est né vraiment…
Je me sens
né à chaque instant
À l’éternelle nouveauté du Monde…

Je crois au monde comme à une pâquerette,
Parce que je le vois. Mais je ne pense pas à lui
Parce que penser c’est ne pas comprendre…
Le Monde ne s’est pas fait pour que nous pensions à lui
(penser c’est avoir mal aux yeux)
Mais pour que nous le regardions av
ec un sentiment d’accord…

Moi je n’ai pas de philosophie : j’ai des sens…
Si je parle de la Nature, ce n’est pas que je sache ce qu’elle est,
Mais parce que je l’aime, et je l’aime pour cette raison
Que celui qui aime ne sait jamais ce qu’il aime,
Ni ne sait pourquoi il aime, ni ce
que c’est qu’aimer…

Aimer, c’est l’innocence éternelle,
Et l’unique innocence est de ne pas pe
nser.

Fernando Pessoa

Aimer, c’est l’innocence éternelle,
Et l’unique innocence est de ne pas penser...

LE SOLEIL EST NOUVEAU CHAQUE JOUR est un ensemble de dix-huit épisodes de moments intenses de ma vie, saisis au vif de la ferveur d'aimer.

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #CD -Jacques Ibanès chante Apollinaire
Prise de son du JET D'EAU.
Prise de son du JET D'EAU.

Un jour, en 2012, Hélène Martin a écrit au sujet de Jacques Ibanès :

"La musique est là soit en support, soit en invitation, soit plus doucement accompagnatrice d'une violence, d'une urgence à dire. Parfois une rudesse de ton cache une délicatesse bourrue à la Rimbaud. Jacques Ibanès n'a pas peur d'être "Poète". Il est PARMI ".

Cette grande dame de la chanson à texte a salué le travail de Jacques Ibanès pour son interprétation et sa mise en musique des poètes, un travail reconnu aussi par un public averti. Il était temps qu'un CD soit enregistré!

Ce passionné d'Apollinaire a porté son choix sur l'enregistrement des textes du poète qu'il dit magistralement, qu'il met en musique ( son talent de mélodiste est ainsi confirmé) et qu'il propose lors de récitals.

Le CD sera disponible dans les prochains mois. La poésie d'Apollinaire y est sublimée, l'interprétation de Jacques Ibanès qui est amoureux du poète et de ses femmes est plus belle que jamais. Il aura suffit d'une guitare, d'une voix, de poèmes, de lettres ou de calligrammes choisis avec soin pour obtenir un disque qui sortira, n'en doutons pas, des sentiers battus.

Martine Le Coz (Prix Renaudot)

Jacques Ibanès à Amboise
dimanche 4 ma
i 2014

C'était tellement beau, nous étions tellement bien.
L'humanité de Jacques Ibanès a fait revivre Apollinaire. Jacques est venu à Amboise qu'avait connue le poète. Nous ne nous souvenions plus des rimes et des phrases apprises en classe. D'Apollinaire, nous n'avions gardé peut-être que l'image de l'homme au bandage et celle d'un texte-fontaine...
Calligrammes : la beauté prélude à la lettre. Quelle vie, soudain, familière et profonde ! Jacques Ibanès introduit Apollinaire de la manière simple et sensible qui lui est propre. Il le chante et lui donne le souffle. De la modestie, nulle emphase. L'amour s'approche, la guerre se précise. Avec Jacques Ibanès, Apollinaire se confie. Nous écoutons avec une attention entière les lettres que Jacques délivre. Nous montons dans le train et nous regardons Lou, assise en face de nous. Nous regardons Madeleine. Nous avons vu les obus. L'amour et la guerre sont sortis des livres. Maintenant, nous respirons tous ensemble. Cela n'a pas pris longtemps.
Oui, l'amour - nous l'avons éprouvé pendant que Jacques lisait. Nous ne nous y attendions pas, nous ne pouvions pas savoir que nous ferions ce voyage, que le compartiment des amoureux serait le nôtre. Nous ne savions pas que nous en avions besoin.
Nous en avions tant besoin. Dit comme cela, chanté comme cela, a
vec cette voix de bonté.

Jacques Ibanès lors de l'enregistrement.

Jacques Ibanès lors de l'enregistrement.

Mixage du CD.

Mixage du CD.

CD - Jacques Ibanès chante Guillaume Apollinaire
CD - Jacques Ibanès chante Guillaume Apollinaire
LA VOIX DE SON MAÎTRE 2016.

LA VOIX DE SON MAÎTRE 2016.

CD - Jacques Ibanès chante Guillaume Apollinaire
Le pâté réalisé par "l'apprentie sorcière" pour protéger des morsures de serpent et pour le plus grand bonheur des artistes.

Le pâté réalisé par "l'apprentie sorcière" pour protéger des morsures de serpent et pour le plus grand bonheur des artistes.

Mangé le jour du mixage, le pâté est baptisé "Pâté MARCONI"!

Mangé le jour du mixage, le pâté est baptisé "Pâté MARCONI"!

Et pour le dessert, toujours par l'apprentie sorcière, le gâteau de Pâques au citron confit!

Et pour le dessert, toujours par l'apprentie sorcière, le gâteau de Pâques au citron confit!

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Passion Tolstoï, #10ans avec Tolstoï, #Presse
Lebrun, le député maire (et J. Ibanès) et la médiathèque
Lebrun, le député maire (et J. Ibanès) et la médiathèque

C'était le 18 mars au Puy-Sainte-Réparade en Provence.

A 18h, il y a eu le dévoilement de la plaque commémorative Victor Lebrun au futur emplacement de la Médiathèque suivi d'un vin d'honneur.
A 19h, Jacques Ibanès a donné une conférence "Victor Lebrun, sur les traces de l'ancien secrétaire de Tolstoï..." au cinéma La Cigale.

Début de la conférence de Jacques Ibanès:

"Je n’ai pas oublié le jour où je suis arrivé dans ce village qui ne comptait que 500 habitants, c’était en été, quelques mois avant mes 6 ans.

Je n’ai pas oublié l’école des garçons qui était séparée, hélas, de l’école des filles.

Je n’ai pas oublié Simone Blanc ma maîtresse d’école qui m’apprit à écrire et Louis Blanc son mari qui me fit aimer les livres.

Je n’ai pas oublié qu’en pleine classe monsieur Blanc nous demandait d’écouter le silence : alors on entendait le tintement du marteau sur l’enclume du maréchal-ferrand, le tambour de monsieur Rose le crieur public qui annonçait le passage d’un marchand itinérant sur la place, le sabot des chevaux, le gazouillis des oiseaux et le mugissement du mistral.

Je n’ai pas oublié l’abbé Girard que je servis comme enfant de cœur de nombreuses années. C’est lui qui me fit aimer la Provence lors d’une sortie à St Rémy, avec un crochet par les Baux. Ce jour-là, il nous lut des passage de Mireille en provençal et nous apprit le nom de Dante.

Je n’ai pas oublié Louis Philibert notre maire, que j’embrassais au milieu de la rue quand je le croisais, comme tous les gamins de mon âge.

Je n’ai pas oublié le Collet blanc et le bout de mur de la Quille que j’étais toujours heureux d’apercevoir au loin en rentrant de vacances.

Je n’ai pas oublié le cinéma la Cigale où il y avait des chaises en bois et c’est là que j’ai embrassé la main de ma première fiancée Maryse quand j’avais neuf ans.

Je n’ai pas oublié mes camarades de classe, dont plusieurs, hélas, ont déjà pris le large.

Ce village du Puy, je l’ai quitté définitivement quand j’ai eu 19 ans, et je l’ai porté en moi partout où je suis allé. Aussi vous comprendrez l’émotion que je ressens ce soir, dans cette salle où je venais comme tous les Puychéens, chaque dimanche, car l’écran était à cette époque la seule fenêtre à images à notre disposition."

Toute cette aventure a commencé avec la publication de 10 ans avec Tolstoï (Ed. Cherche midi) suivie de Passion Tolstoï (Ed. du jais)

Jacques Ibanès remercie la municipalité du Puy-Sainte-Réparade ainsi que l'association La Salluvienne pour leur accueil magistral.

Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Victor Lebrun, le maire et la médiathèque.
Au cinéma "La cigale" présentation de la conférence de Jacques Ibanès.

Au cinéma "La cigale" présentation de la conférence de Jacques Ibanès.

AVec la participation de Sylvaine Le Magadure.

AVec la participation de Sylvaine Le Magadure.

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Presse, #L'année d'Apollinaire
L'année d'Apollinaire dans Les Soirées de Paris.

Revue culturelle fondée en 1912 par Guillaume Apollinaire

La convention fondatrice des Soirées de Paris a été rédigée en février 1912 par Guillaume Apollinaire et René Dalize. Mensuelle, la revue s’est arrêtée en 1914. Avec la mort d’Apollinaire en 1918, Les Soirées de Paris cessent de paraître pour longtemps. La marque est de nouveau déposée 96 ans plus tard en juillet 2010.
L’ambition éditoriale est d’évoquer l’actualité culturelle au sens large, la littérature, le cinéma, le théâtre, la photographie, les sorties et la gastronomie.
La rédaction est constituée majoritairement de journalistes professionnels qui ont décidé de s’y impliquer en marge de leur activité principale. Il est toujours possible de prendre contact à c
e sujet.

1915, année érotique

Publié le 18 mars 2016 par Philippe Bonnet (journaliste à Libération et La Tribune)

Ceux qui connaissent par cœur la vie de Guillaume Apollinaire se surprendront à la revisiter avec plaisir sous la plume de Jacques Ibanès. Parce que selon le dicton bien connu « qui trop embrasse (parfois) mal étreint« , cet écrivain narbonnais a choisi comme seul angle de tir l’année 1915, ce qui tombe bien puisque l’auteur d’Alcools disait justement à ce moment-là, « j’ai tant aimé les arts que me voilà artilleur« .

De façon discrète et donc très supportable, Jacques Ibanès met en regard de l’écrivain poète à la guerre, sa propre vie. Il fait dire au téléphone qu’il est « né ce matin » mais il a la soixantaine et précise avoir découvert Apollinaire au lycée avec le poème « Marie ». Son ouvrage est préfacé par Claude Debon, une caution précieuse.

Quand une histoire est connue, pour qu’elle soit répétée sans ennui, il faut un narrateur de talent ce qu’est incontestablement Jacques Ibanès. L’auteur s’attache à dresser le portrait de l’amoureux sanguin, aimant, violent, incroyablement inspiré qu’était Apollinaire, dévorant Lou avant d’être à son tour dévoré par le manque et enchaînant sur Madeleine alors qu’il gagnait les tranchées.

L’auteur décrit Apollinaire comme un chef d’orchestre substituant la plume à la baguette, maniant pour de vrai le martinet sur les fesses de Lou et derechef mais pour de faux, sur le corps de Madeleine, à qui il intime de se préparer au châtiment alors qu’elle est bien loin, sage enseignante à Oran. La guerre décuple les élans sensuels du poète qui écrit à Lou:

« Les branches remuées ce sont tes yeux qui tremblent/Et je te vois partout si belle et si tendre/La vulve des juments est rose comme la tienne« , il fallait oser l’écrire et Jacques Ibanès ose placer cette citation organique « qui serre comme un casse-noisettes« .

Après quelques échanges très polis, très « cadet » avec Madeleine, Apollinaire amènera bien vite, par ensorcèlement progressif, la timide enseignante sur son terrain de prédilection. Jacques Ibanès décrit le charme qu’il lui jette étape par étape quand le poète demande des détails sur le « parvis » de sa nouvelle correspondante tandis qu’il lui en transmet en échange sur son « sceptre« . Petit à petit, Madeleine sera mûre pour un passage à l’acte lequel a priori, durant la permission d’Oran en janvier 1916, ne se produira pas.

Certains ont malencontreusement daubé sur un poète qui aurait profité de la guerre pour faire de la poésie. Jacques Ibanès rectifie le tir à bon escient quand il écrit: « Maintenant il est un vrai guerrier, en première ligne jusqu’à onze journées d’affilée (…) il a pris la guerre en horreur« .

A noter que dans le Mercure de France de février 1916, Apollinaire écrira entre autres aphorismes: " Celui qui n’a pas vécu en hiver dans une tranchée où ça barde ne sait pas combien la vie peut être une chose simple. (…) Celui qui n’a pas vu des musettes suspendues au pied d’un cadavre qui pourrit sur le parapet de la tranchée ne sait pas combien la mort est une chose simple. (…) Celui qui parcourra plus tard la Champagne pouilleuse cherchera avec intérêt la petite tombe qui abrite les cadavres du fermier de Beauséjour et de sa fille" .

En se restreignant à l’année 1915, Jacques Ibanès a bien fait les choses. Il dépeint avec un talent bien plaisant une partie de l’incroyable concentré d’événements jalonnant la vie d’Apollinaire sur 12 mois, dans un contexte de casernement, de boue, de feu, de mort, de sexe, de sentiments, de frustrations, autant d’éléments ayant constitué une poésie toujours bien vivante parce que définitive.

PHB

« L’année d’Apollinaire ». Jacques Ibanès, 117 pages. Fauves Editions. 12 euros. Avec une préface de Claude Debon.

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