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Madame Rhinocéros

Madame Rhinocéros

Les surprises de la vie...

Publié le par Alexandra Ibanès
Publié dans : #Le soleil est nouveau chaque jour, #Ils ont dit:

Revue Texture
www.revue-texture.fr/

Alexandra Ibanès : « Le soleil est nouveau chaque jour »

Beau titre emprunté à Héraclite pour suggérer le bonheur renouvelé quotidiennement. Alexandra Ibanès l’avait célébré dans son journal d’ « Un été à l’Iris de Suse » (voir ). Cette fois, c’est à travers des proses brèves mêlées de fragments de poèmes qu’elle raconte comment elle est « tombée en amour » comme on dit au Québec. L’amoureuse est évidemment lyrique et colore tout ce qu’elle évoque – absence, retrouvailles, voyages, films vus (elle est fan d’Agnès Varda), musiques écoutées, tableaux admirés, écrivains lus – des reflets chatoyants de sa passion. Un bel exemple, le « Baiser Cadou » qui mêle toutes les saisons et tous les échos et toutes les saveurs. « Un baiser Cadou n’est pas un baiser comme les autres, c’est le baiser royal de l’imaginaire venant d’un règne végétal. L’ingérence du poète de Rochefort donne à la sensualité de cette caresse un goût de figue, la douceur du muscat et l’or du tournesol. »
(Editions le Serpolet. 19 rue Fragonard. 33200. Bordeaux. 78 pages. 12 euros)

Catherine Guillery:

Ce livre est fou de jeunesse et de vie. J'aime l'idée que le bonheur sous-tend toujours un chemin de souffrance et qu'il vient comme un cadeau, une récompense.

Le regard est à la fois timide et luxuriant. L'auteur est réservée comme une jeune fille en fleurs et libre comme une odalisque.

Les images sont si vivantes, si évocatrices, qu'elles permettent de vivre presque concrètement les instants relatés, le voyage en train, une promenade, un concert, et, comme à l'Iris de Suse, les déclinaisons de l'été.

L'écriture est belle, enthousiaste et lumineuse. Elle fait reculer le gris et l'uniformité de ce monde, vaniteux de sa médiocrité et de sa désespérance.

Les références littéraires sont bien choisies, à la fois légères et profondes. Je crois que c'est cette particularité qui prédomine, un va-et-vient entre une grande ouverture sur le monde, ce qu'il donne, et le reflet intérieur, transmutation par le cœur. La poésie est toujours là, bien sûr, celle qui se sert du visible pour décrire l'invisible.

Ce livre est pudeur et éloquence, franchise, don de soi, ferveur. Ce dernier mot est pour moi celui qui résume Saint-Exupéry, dans Terre des Hommes et Citadelle en particulier. C'est un des mots qui m'est le plus cher, il contient en lui les élans du corps, de l'âme et de l'esprit.

Jackie B.
"J'ai aimé cette suite de petits textes qui font la ronde autour de l'être aimé, prenant le lecteur par la main, le conduisant au plus près du ressenti de l'amoureuse. Et puis, il y a au milieu cet ovni " le baiser cadou ", tout rond , tout chaud, qui chante à l'oreille , qui s'échappe, si frais, si gracieux. J'ai aimé cette sensualité exquise qui enveloppe cette écriture, ce rythme enlevé qui la parcourt lui insufflant ce ton léger quand il s'agit de dire les transports amoureux, ça palpite, ça virevolte. L' écriture se fait visuelle, se fait œil de caméra. J'ai aimé l'espièglerie tendre du "je" du canapé.J'ai aimé cet élégant érotisme qui encercle les amants et qui les transporte mettant à leurs pieds poésie, littérature, musique, peinture; tous ces arts semblent les accompagner et cimenter ainsi leurs épousailles."

Delphine R.
"Quand j'ai commencé ce livre, je suis tombée dans l'addiction, je ne pouvais plus le lâcher".

Jack Meurant

Alexandra Ibanès est une femme d’un autre temps. On se dit qu’elle doit parler une langue nouvelle et inusitée. Elle parle d’amour, ça pourrait être banal ; oui, mais c’est aussi nouveau, comme le soleil qui est nouveau chaque jour.

Son texte a quelque chose d’irréel ; c’est tantôt un poème, et tantôt une histoire, une suite romanesque. Cette femme aime et connait la musique, celle que son Bel ami invente pour elle. Elle a découvert cet homme (où, quand ?...), il l’a conquise. Elle est érudite, mais sans abuser de sa mémoire, ni abuser de son savoir.

Donc, cette femme, je ne la connais pas. Mais quelle force, quel beau texte elle a su écrire… Heureusement qu’ils se sont trouvés, ces deux-là, « … dans les Corbières ».

Je l’imagine, j’imagine sa main, j’imagine qu’elle écrira encore et inventera encore. Elle sera avec ses chats, qui seront au nombre de trois ; et –comme elle dit- ces trois chats n’auront rien d’autre à faire qu’à gavotter en toute impunité et en silence. Elle se tiendra très près de Bel ami, elle dira mille fois qu’elle est avec lui dans le cœur du monde. Elle lui récitera ces trois vers :

« Etre unis c’est le bout du monde

Le cœur de l’homme s’agrandit

Le bout du monde se rapproche… » (Eluard)

Et ‘’Bel ami’’ sourira et dira oui. Et tous les deux s’envoleront ‘’vers les chemins de l’enfance…’’

Je ne connais pas Alexandra, certes. Mais je sais une chose : elle est vivante.

 

 

 

 

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Publié le par alexandra Ibanès
Publié dans : #Passion ciné
 « L'image mouvante peut encore faire ce pour quoi elle a été inventée il y a cent ans : elle peut encore être (é)mouvante. » Lisbonne Story - Wim Wenders
« L'image mouvante peut encore faire ce pour quoi elle a été inventée il y a cent ans : elle peut encore être (é)mouvante. » Lisbonne Story - Wim Wenders

Quand j'ai découvert, il y a un an, le travail de Bruno Bouchard au sujet de sa pellicule ensorcelée, j'ai pensé au road movie de Wim Wenders : LISBONNE STORY et au film d'Agnès Varda: JACQUOT DE NANTES où Jacques Demy, enfant, transforme les pellicules qu'il a sous la main pour créer de nouveaux films.

Trafiquer les images, montrer que le cinéma n'est qu'une perception d'une certaine réalité, il n'en fallait pas plus pour que je me passionne pour les 24 mensonges par seconde de B. Bouchard.

Le festival cinéma d'automne de Castelnaudary accueillait cette année son atelier à la médiathèque, je n'ai pas hésité une minute pour m'inscrire. Gratter la pellicule, la transformer en y ajoutant de la couleur, des dessins...ont été un immense plaisir.

Si Platon revenait à notre époque, il aimerait certainement cet art ouvert à tous, le travail sur la perception de l'image étant similaire à l'allégorie de sa caverne.

En plus de travailler sur la pellicule, ce qu'on apprend pendant 24 mensonges par seconde est passionnant. Bruno Bouchard nous fait un cours de cinéma avec démonstration sur une visionneuse de 1920, il évoque les frères Lumière, nous révèle les secrets des pellicules, nous parle autant de la perception rétinienne que de l'arrivée du numérique, nous livre un cours de chimie...

Tristan, qui m'accompagnait souhaite continuer à transformer la pellicule, peut-être avec des films super 8 et un projecteur adapté...si nous en trouvons !

Le lieu est bien choisi pour parler de pellicule ensorcelée!

Le lieu est bien choisi pour parler de pellicule ensorcelée!

Visionneuse de 1920.

Visionneuse de 1920.

24 mensonges par seconde!
Ces petits crans inventés par les frères Lumière ont permis l'essor du cinéma.

Ces petits crans inventés par les frères Lumière ont permis l'essor du cinéma.

Pellicule végétale

Pellicule végétale

24 mensonges par seconde!
Je tiens une seconde de film!

Je tiens une seconde de film!

Le son du film est enregistré sur la bande bleue.

Le son du film est enregistré sur la bande bleue.

Segmenter la pellicule vierge en 24 images/seconde

Segmenter la pellicule vierge en 24 images/seconde

Gratter et mettre de la couleur, on peut déborder, ça ne se verra pas!

Gratter et mettre de la couleur, on peut déborder, ça ne se verra pas!

24 mensonges par seconde!
En plein travail!

En plein travail!

Voyons ce que ça donne

Voyons ce que ça donne

Découverte de 2 secondes de films.

Découverte de 2 secondes de films.

24 mensonges par seconde!

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