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Madame Rhinocéros

Les surprises de la vie...

10 ans avec Tolstoï dans la presse "La Marseillaise"

10 ans avec Tolstoï dans la presse "La Marseillaise"

Très bel article de LA MARSEILLAISE avec une analyse de Tolstoï, que je partage bien souvent, sur certaines conséquences de l'imprimerie aujourd'hui.

Rappel: Jacques Ibanes donnera sa prochaine conférence à l'Institut des études slaves (Sorbonne) le 12 mai à 17 heures en présence de la Comtesse Tolstoï.

Pour l'occasion ma chère amie, la comédienne Pierrette Dupoyet nous offrira une lecture d'extraits de 10 ans avec Tolstoï.

LA MARSEILLAISE

Date : 05 AVRIL 15
Pays : France
Périodicité : Quotidien
Page de l'article : p.46
Journaliste : Anne-Marie Mitchell
Page 1/1
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Tous droits réservés à l'éditeur CHERCHEMIDI 8839753400506
MAGAZINE
Livres
Témoignage. Tolstoï, écrivait Romain Rolland, ne parlait pas
aux privilégiés, mais aux hommes ordinaires.
Le Maître et le
Secrétaire
• Nous sommes en 1978, dans un
village - Le Puy-Sainte-Reparade
- situé a quelques kilomètres
d'Aix en Provence Accompagnés
du Narbonnais Jacques Ibanes,
nous frappons à la porte d'une
maisonnette en pierre dont le
propriétaire se nomme Victor
Lebrun, espérantiste, végétarien,
apiculteur et au léger ac

cent russe. Normal , il est né en
Ukraine en 1882 ou son père était
ingénieur des chemins de fer pour
la construction du Transcaspien
Lebrun, un truculent personnage
que connaissent les Provençaux et
plus particulièrement les lecteurs
de Chroniques des grandes figures
du Sud de Serge Bec (Équinoxe,
2012) où il figure aux côtes entre
autres, de Giono, Fernandel, le
peintre Ambrogiani et notre regretté
ami Yvan Audouard .Pour
quoi cette visite, alors que nous
sommes loin de nous douter que
le vieil homme, à l’œil rieur et à
la moustache gauloise, aura cessé
de vivre quelques mois plus tard ?
Parce que ce passionné de Tolstoï
fut, plusieurs années durant, l'ami
intime et le secrétaire de l'auteur
de Guerre et Paix, qui voyait dans
I' amour le flambeau de la vérité et
dans l'instruction l'arme la plus
redoutable des peuples opprimés
Immense romancier, espérantiste
et végétarien lui aussi, dont
la fausse nouvelle de sa mort
aurait fait tomber en syncope
Maxime Gorki (I annonciateur
des tempêtes populaires) et chez
lequel Gandhi puisa le principe de
non-violence. Sa mort (bien réelle)
surviendra le 20 novembre 1910
dans la maison du chef de gare
d'Astapovo, à l'âge de 82 ans, après
qu'il eut fui la demeure familiale
et voyage sous un nom d'emprunt.
C'est lui que nous retrouvons,
vêtu de sa blouse de toile grise
et chausse de hautes bottes, dans
Dix ans avec Tolstoï, où il se dresse
Léon Tolstoï'.
plus vivant que jamais, malgré
la Faucheuse qu'il dit attendre
"presque avec joie". Témoignage
traduit tout d'abord en anglais par
Victor P Epp en 2006, version illustrée
dans laquelle est publiée la
lettre adressée par Jean Rostand
à Victor Lebrun. Enthousiaste
de Tolstoï, et ayant lu quasiment
toute son œuvre, nous avons toutefois
appris beaucoup de choses
en lisant ce livre. Par exemple,
nous ignorions cette phrase que
nous ferons notre lorsque l'occasion
nous en sera offerte Tolstoï
en veut parfois à Gutenberg
d avoir donné "la possibilité d im
primer tout ce que l'on publie actuellement"
Comment ne pas comprendre
qu'il ait pu s'insurger contre des
écrits médiocres et flagorneurs,
alors que les siens étaient sous
le contrôle des épurateurs tsaristes.
Victor Lebrun, qui n'ignore
pas les coupures faites par les
censeurs dans les pages de son
maître, aurait certainement aime
lire ce passage extrait de I article
signé Octave Mirbeau et publié
dans l'Humanité le premier mai
1904 "II n'est pas permis à un Tols
toi d'écrire ce qu il pense et comme
il le pense. On rature, on émonde,
on mutile ses œuvres. Mais pour un
Tolstoï, que protège contre les bourreaux
l'admiration universelle,
combien d'autres exécutions dont
la Russie aura à porter la honte
devant l'avenir Prolétaires et penseurs,
artistes et ouvriers, étudiants
et moujiks, humbles fonctionnaires
et vagabonds, tous ne vivent que
sous la menace de la délation, espionnes
par une police vénale qui
voit et qui entend ce que ses maîtres
lui commandent de voir et d'entendre.
" Merci à Jacques Ibanes
d'avoir frappé à la porte de Victor
Lebrun et merci a ce dernier
de nous avoir permis d'observer
Tolstoï au travail ou errant dans
les forêts voisines, un carnet en
poche. À découvrir
ANNE-MARIE MITCHELL







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Duo Canticel 23/04/2015 08:04

Encore un ! ! Ce n'est plus un succès c'est un triomphe ! Excellent article en effet plein de tendresse de chaleur humaine de délicatesse, qui donne envie de lire ce livre admirable, et l'auteur de de ce beau texte a bien raison : merci à Jacques… mais aussi à Alexandra ! A Paris Sorbonne nous serons avec vous par la pensée

alexandra collet 23/04/2015 08:37

Merci ma chère Cat, oui c'est une très belle histoire. J'aime aussi beaucoup cette petite analyse de Tolstoï sur les conséquences de l'imprimerie. Avec nos éditions "l'art d'en face" ce sera notre mission de consolider cette belle idée!